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Le FPI annonce des marches et des meeting contre Ouattara

Le Front populaire ivoirien (Fpi) a appelé, hier mercredi, tous les démocrates ivoiriens, ainsi que toutes les forces de progrès à s’unir sur une plateforme de lutte contre le régime Ouattara qu’il juge liberticide.

Dr. Richard Kodjo, le secrétaire général par intérim, par ailleurs porte-parole du parti, qui a animé une conférence de presse au siège provisoire du parti à la Riviera-Attoban, a indiqué que son parti ne va pas se satisfaire seulement du faible taux de participation des Ivoiriens aux élections couplées des municipales et des régionales qui se sont déroulées, dimanche, sur toute l’étendue du territoire national. Il va entreprendre très bientôt des manifestations conformément aux lois ivoiriennes. «Nous continuons de jouer notre rôle de parti de l’opposition. Nous continuons de dénoncer les pratiques de ce pouvoir. Et, bientôt, à côté du dialogue que nous allons demander de relancer, nous allons aussi entreprendre des manifestations que nous autorisent les lois de notre pays. Des marches, des meetings après avoir visité nos structures de base. Nous pensons que le moment n’est pas loin où le Front populaire ivoirien et ses alliés vont entreprendre des actions pour que le régime respecte au moins la pratique d’un Etat de droit. Voilà ! C’est ce que nous avons commencé, c’est ce que nous allons continuer», a-t-il déclaré à la presse.
Pour le porte-parole du Fpi, il est anormal de maintenir des individus dans les liens de la prévention pendant des années sans un moindre début de jugement. «Dans un régime démocratique, on ne peut retenir en prison des prisonniers d’opinion pendant deux ans sans les faire entendre par un juge. On ne peut retenir à l’extérieur plus de 80.000 exilés, alors que la Constitution interdit l’exil des Ivoiriens», a-t-il déploré. Avant d’inviter ses compatriotes à unir leurs forces pour engager la lutte pour se débarrasser du régime en place qu’il qualifie, par ailleurs, de liberticide. «M. Ouattara piétinait la Constitution avant d’avoir été imposé au pouvoir. Il la piétine de plus belle depuis qu’il est au pouvoir. Il faut que les Ivoiriens ouvrent les yeux pour voir que M. Ouattara, qui viole la Constitution, n’est pas un démocrate. C’est le sens de l’appel. Tout phénomène a un début, se développe, avant d’arriver à la victoire. Nous avons foi en ce que notre lutte dise halte à M. Ouattara et à tous ceux qui veulent mettre la Nation ivoirienne en péril», a souligné Dr. Richard Kodjo pour expliquer la raison de la mise en place de la plateforme de lutte proposée.
Saisissant la conférence de presse, il est aussi longuement revenu sur l’appel de son parti au Pdci-Rda. «Le Pdci va faire une expérience amère au cours de cette élection-là avec le Rdr, spécialiste de fraudes, en inversion des résultats et en la violence. Le Pdci va déposer des requêtes parce que, dans beaucoup de localités, on a l’impression que le Rdr est majoritaire. Avec les Mpigo, Mjp et Mpci encore dans la Cei, le Rdr est largement majoritaire. Je crois que le Pdci n’a que deux membres. Sur toute l’étendue du territoire national, beaucoup de membres des Cei locales, qui sont à l’image de la Cei centrale, manipulent les résultats. Et, quand ils n’ont pas pu inverser les résultats, ils opèrent par la violence. C’est au sortir de ces élections municipales et régionales que le Pdci va comprendre le sens de l’appel du Fpi, parce que le Rdr n’est pas un parti démocratique», a insisté Dr. Richard Kodjo.
Pour le porte-parole du Front populaire ivoirien, la violence est le moyen d’expression du Rdr, alors qu’en démocratie, il y a des voies pacifiques d’expression des partis politiques. «Des voies qu’on nous refuse d’ailleurs. Nos meetings sont réprimés. On ne peut pas faire des marches. Nos réunions étaient réprimées au début, notre siège a été saccagé et des véhicules ont été incendiés. Mais le Fpi, qui est un parti démocratique et optimiste, continuera sa lutte jusqu’à ce que la démocratie survienne en Côte d’Ivoire ; jusqu’à ce que les partis politiques puissent s’exprimer librement selon le jeu démocratique en Côte d’Ivoire. Et c’est pour cela que nous appelons tous les démocrates pour que ce régime liberticide arrête sa répression, arrête d’emprisonner nos enfants, arrête de massacrer les femmes dans nos régions», a-t-il, en outre, lancé.
A en croire le secrétaire général par intérim du Fpi, la violence est consubstantielle à l’existence du Rdr : «Le Rdr naît dans la violence, croît dans la violence et je pense qu’il va aussi mourir dans la violence».
Répondant à une question relative à la Commission électorale indépendante (Cei), Dr. Richard Kodjo a dit que cette structure chargée d’organiser les élections générales n’est plus digne de la confiance des Ivoiriens. Ces derniers ne devraient donc pas s’attendre à mieux que ce qu’elle a été capable de faire lors de la dernière élection présidentielle du 28 novembre 2010. «Je crois que la Cei est illégitime dès le départ parce que cette Cei-là était utile pour organiser les élections présidentielles et les élections législatives. Mais, en principe, cette Cei-là devait être dissoute pour qu’une nouvelle Cei soit mise sur pied. Le maintien de cette Cei va en droite ligne du non-respect des lois qu’on observe depuis que M. Ouattara est au pouvoir. Ils ont choisi pour arbitre un arbitre non reconnu. Il ne pouvait être que défaillant», s’est-il aussi écrit. Pour le Fpi, fera remarquer Dr. Richard Kodjo, la Cei est illégale.
Aux militants et cadres du parti qui ont participé aux dernières élections locales, leur suspension reste maintenue. «Les élus issus des rangs du Fpi subissent le même sort que ceux qui ont été battus. C’est tout. Nous avons dit que tous les militants du Fpi qui vont s’inscrire sur des listes, qui vont être têtes de liste ou qui vont faire campagne seront suspendus. Les élus issus du Fpi qui ont participé à ces élections sont suspendus. Nous avons publié une première liste. Nous allons mener nos investigations pour identifier tous ceux qui ont trahi le Fpi afin qu’ils soient suspendus. Il faudrait comprendre la suspension. C’est une suspension des activités du parti. Il n’y a que le congrès qui peut exclure un militant du Fpi. Donc, pour l’instant, le parti suspend tous ceux qui ont pris part, de près ou de loin, à ces élections», a coupé court Dr. Richard Kodjo. Qui a trouvé le mot d’ordre du boycott formidable. «Non pas parce qu’il a été observé seulement par les militants du Fpi, mais parce qu’il l’a été par la nation entière», s’est-il justifié.

Robert Krassault

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25 avril 2013 - Posted by | Politique | , ,

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