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Forces républicaines de Côte d’Ivoire ( Frci): Il y a danger, le ver est dans le fruit

Paul-koffi-koffiUn vrai diagnostic des maux dont souffre l’armée ivoirienne est plus que jamais nécessaire aujourd’hui

L’implication, dans les attaques simultanées, voire synchronisées, dans la nuit du 14 au 15 octobre 2012, des camps Frci des villes de Bonoua, Samo et de la centrale thermique d’Azito à Yopougon par « de vrais militaires habillés en nouvelle tenue militaire », se présente comme la partie immergée de l’iceberg d’une crise qui ronge, de l’intérieur, le corps des Forces républicaines de Côte d’Ivoire ( Frci). Paul Koffi Koffi, ministre Délégué auprès du Président de la République chargé de la défense, pointe du doigt « des infiltrés ».

Ce d’autant  plus que  les 9 personnes appréhendées sur les lieux sont toutes des policiers, militaires et gendarmes, toutes encore au service du drapeau national. Il s’agit  de 2 policiers, 2 gendarmes, 3 marins.  En attendant que les enquêteurs ne leur tirent les vers du nez, il y a de quoi à être frappé  d’effroi à  l’idée que les Frci sont «  noyautées », surtout que ceux qui ont attaqué ces derniers  jours  sont conséquemment armés, notamment, de fusils d’assaut, de Rpg 7 et de grenades offensives. Au nombre de ces assaillants, figurent des éléments «  venus de l’état-major des Frci, des éléments du Bataillon commando parachutistes ( Bcp) selon un haut gradé des Frci interrogé à Bonoua.  Après les attaques des mois d’avril, juin et août 2012 des postes  des Frci à l’ouest dont certaines ont fait des morts dans les rangs des Casques bleus de l’Onuci,  attaques que le gouvernement a attribuées à des ex-combattants pro-Gbagbo refugiés au Liberia, le centre de gravité s’est rapproché du sud pour se focaliser sur Abidjan et sa ceinture administrative.  Le mode opératoire et les cibles sont restés les mêmes

. Attaques nocturnes contre  les  positions  des Frci… Il y a d’abord eu, les 5 et 6 août 2012 où quatre militaires ont été tués dans l’attaque, par des hommes  »lourdement armés », du  commissariat du 17ème arrondissement de Yopougon et d’un poste de contrôle des Frci.  Il s’en est suivi  l’attaque du camp d’Akouédo  qui a fait  six militaires et un assaillant  tués et une dizaine de soldats grièvement blessés.  Les assaillants remettent le couvert 2 jours plus tard avec l’attaque d’un poste de contrôle de l’armée à l’entrée de la cité d’Agboville. Deux militaires  sont blessés. Huit  jours à peine passés, l’armée subit une nouvelle attaque à Dabou où le camp militaire, la police, la gendarmerie et la prison de  la ville ont été pris pour cibles.  Les 20 et 21 septembre, soit seulement  un mois d’intervalle, deux commissariats de police et un poste de gendarmerie sont attaqués à Port-Bouët, faisant  trois morts. Plus tard dans la nuit, cinq assaillants sont tués dans des combats autour du poste de Noé, à la frontière avec le Ghana.

 Conjoncture préoccupante

 Jusque-là, ces attaques semblaient être le seul fait de personnes plus ou moins étrangères à l’armée nationale, notamment, des mercenaires et des ex-combattants, comme ce fut le cas à Akouédo où un  redoutable chien de guerre, Paul Wéa, avait été arrêté. Aujourd’hui, la situation a franchi un cap, avec l’implication directe dans cette guerre de certains militaires en fonction. Le simple fait que des militaires en fonction fassent partie de la guérilla est en soi une conjoncture préoccupante, voire inquiétante. Il est à craindre que le pouvoir prenne  un sacré coup dans les «dents ». Car, le ver est dans le fruit et tout porte à croire que les choses sont en train  de pourrir au sein de la grande muette.

Aujourd’hui, la situation se dégrade durablement et, visiblement, vu qu’aucune solution ne semble être trouvée, le sentiment général, dans l’opinion, est que l’armée est prise à la gorge par ces «  infiltrés » qui ne lui laissent plus de répit. Avec l’implication de certains éléments des corps d’élite, telles la gendarmerie et la marine, il ne serait pas, en tout cas, exagérer d’affirmer  que les Frci portent en elles, aujourd’hui, les germes de leur propre destruction. Dans une armée où règne  le désordre, la chaîne de commandement s’en trouve affaiblie. L’indiscipline  reste aussi l’une des plaies des Frci.  La tentative de mettre en place une «armée nouvelle» véritablement républicaine se heurte à une attitude pour le moins intransigeante et revendicative doublée d’une  délinquance arrogante de certains éléments ayant combattu pour le compte de l’actuel régime dans sa prise effective du pouvoir lors de la crise postélectorale de 2010-2011. Cette dette vis-à-vis d’eux bloque toute réforme. L’état-major doit donc agir vite, pour désamorcer  la «  bombe ».  En tout état de cause, la crise post-électorale reste la racine pivotante de la division et de l’anarchie qui règnent en ce moment au sein des Frci.

Cette crise a fermenté  la fracture et la division au point qu’aujourd’hui, l’on observe, dans chaque compartiment de cette armée, les «  raisins » de la  frustration qui  mûrissent pour engendrer  une grosse colère des uns et des autres. Mais, à y voir de près, l’objectif de ces frustrés n’est pas, fondamentalement, de renverser le régime Ouattara  pour prendre les rênes du pays. Ils savent qu’ils n’ont pas les  hommes et la logistique militaire nécessaires.  L’objectif ici est de « rendre le pays ingouvernable ».  Quoi qu’il en soit, le constat aujourd’hui est que l’armée ivoirienne est en crise et il faut agir vite…afin de « tuer » le ver qui est dans le fruit, pour éviter, au « fruit », une fois pourrie de tomber…

                                          Armand B. DEPEYLA

Source: Soir info

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17 octobre 2012 - Posted by | Politique | ,

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