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RÉOUVERTURE DES UNIVERSITÉS – LES PROBLÈMES DE FOND QUE LE RÉGIME VEUT NOYER.

Photo : RÉOUVERTURE DES UNIVERSITÉS - LES PROBLÈMES DE FOND QUE LE RÉGIME VEUT NOYER. 

La cérémonie de remise officielle des clés des universités s’est déroulée hier, et le régime Ouattara comme à son habitude s’est distingué par sa tendance à l’autocélébration. Mais au-delà des flonflons et de l’opération de communication, voire de mystifications, de vrais problèmes existent et pourraient bien se rappeler à la communauté universitaire. La cérémonie de remise officielle des clés des universités aux présidents des différentes universités de Côte d’Ivoire s’est déroulée hier lundi 3 septembre – date marquant également le début annoncé de la rentrée universitaire – à l’université de Cocody, désormais appelée «Université Houphouët-Boigny» en présence du chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Des problèmes pourraient bien se rappeler très vite au souvenir de la communauté universitaire et du pays tout entier.

* A quand la rentrée effective dans les universités ?
Les belles cérémonies d’autopromotion, c’est très bien, mais à quand la réouverture effective des universités ? A partir de quelle date les étudiants pourront aller s’inscrire dans les différentes UFR ? A quand la reprise effective des cours après la fermeture des universités par Alassane Ouattara le 19 avril 2011 dès sa prise de pouvoir, c’est-à-dire il y a environ un an et demi ? A toutes ces questions qu’étudiants et parents notamment se posaient, aucun début de réponse n’a été apporté hier. Et pourtant : lors de son discours à l’occasion de la Fête nationale le 7 août dernier, Alassane Ouattara, peu avare en promesses, avait dit devant la Nation entière : «Dès le 3 septembre, les étudiants pourront reprendre le chemin de l’université, dans un cadre entièrement rénové et plus propice à l’enseignement». Très clairement, il a violé ses engagements. Le 3 septembre, certains étudiants ont dansé sur le campus. Le 4 septembre, ils seront tous à la maison…
 Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique Cissé Ibrahim Bacongo avait déjà botté en touche en indiquant avant cette cérémonie officielle que celle-ci était consacrée à la remise des clés aux présidents des universités. Ceux-ci étant à leur tour chargés de fixer et définir les modalités pratiques de l’effectivité de la rentrée dans les universités. Donc mystère toujours. Les étudiants devront certainement encore patienter pour retrouver les amphithéâtres. Et le régime donne raison au blogueur Alain Doh Bi qui affirmait hier que Ouattara «camoufle la non-tenue de la rentrée effective du 3 septembre par une cérémonie».

* Les revendications des enseignants menacent-elles la tenue des cours ?
Alors que les autorités ne cessent d’appeler à un sursaut de tous les acteurs du système universitaire et en particulier les enseignants, ceux-ci ont en retour posé quelques préoccupations. Des revendications qui ont très souvent été à la base des remous dans les universités. «Place aujourd’hui à de nouveaux comportements et à l’excellence. Excellence dans la manière d’enseigner, d’évaluer et de gérer. Excellence également dans la manière de résoudre l’épineuse question des heures complémentaires, principale source de grèves dans nos universités», a fait savoir Pr. Bakayoko Ly Ramata, présidente (non élue) de l’université FHB de Cocody, qui a quelque peu emprunté au registre syndical. Le gouvernement est donc prévenu.

* Qui remplacera les enseignants en exil ou en prison ?
Parler des absents sans citer leurs noms. Dans son discours, la présidente de l’université de Cocody, Ly Ramata, candidate malheureuse aux dernières élections et qui doit son «pouvoir» à la «situation» a rendu hommage aux devanciers et intellectuels émérites qui ont écrit les lettres de noblesse de l’ancienne université nationale d’Abidjan. Et il est clair que son prédécesseur qui croupit dans les geôles du régime qu’elle sert, Gilbert-Marie Aké N’Gbo, brillant intellectuel reconnu par ses pairs, figure parmi ceux-ci. Bien entendu, elle ne l’a pas nommé personnellement quand elle a dit : «Nous nous en voudrions de ne pas avoir une pensée pour nos ainés et collègues qui ont forgé l’université ivoirienne. La sagesse chinoise nous enseigne qu’en buvant l’eau de puits il ne faut pas oublier ceux qui l’ont creusé. Nous ne pouvons donc oublier nos devanciers bien connus de toute la communauté scientifique», a félicité Pr. Bakayoko Ly Ramata. A l’image de Gilbert Aké N’Gbo, de nombreuses figures du monde universitaire ivoirien, dont l’expérience est précieuse et recherchée hors des frontières nationales, sont en prison ou en exil, traqués par le régime Ouattara au nom d’une absurde vindicte de tous les jours. Bien entendu, les systèmes informatiques performants installés à l’Université pourront, nous explique-t-on, permettre à tout expert, enseignant ou «sachant», d’entretenir des étudiants à distance. Le régime va-t-il dépenser des sommes folles à recruter des «coopérants» étrangers, notamment français, qui enseigneront à distance, alors qu’en cinquante années d’indépendance, une véritable intelligentsia universitaire a fait la fierté du pays ?

* Comment des travaux ont-ils pu coûter 110 milliards sans aucun nouveau bâtiment construit ?
Les bons connaisseurs du campus de Cocody l’auront constaté. Aucun bâtiment nouveau n’a été construit par l’entreprise du sulfureux homme d’affaires Sidi Kagnassi, qui a gagné un marché dont la valeur est montée jusqu’à 110 milliards de FCFA. «Ils ont achevé l’amphi qui avait été presque terminé par le District d’Abidjan au temps de Pierre Amondji. Et ils ont réhabilité les anciens.» La peinture fraîche et le gazon nouvellement planté font toujours belle impression, mais justifient-elles ce prix démentiel ? La présence lors de la cérémonie d’hier de Sidi Kagnassi, au cœur d’un scandale d’Etat dégoupillé par Ouattara lui-même – qui a demandé à son Premier ministre d’enquêter sur les conditions d’attribution du marché de la réhabilitation des campus – avait quelque chose de piquant. Que faisait-il là, parmi les endimanchés et les «happy few» alors qu’Adama Méité, directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur Cissé Bacongo, a été limogé pour sa collusion présumée avec lui dans cette sombre affaire ? Tous ces questionnements sains et citoyens, le régime Ouattara a voulu les étouffer hier dans une grand-messe de la manipulation des esprits. Mais ils reviendront.
Par Anderson Diédri In LNCLa cérémonie de remise officielle des clés des universités s’est déroulée hier, et le régime Ouattara comme à son habitude s’est distingué par sa tendance à l’autocélébration. Mais au-delà des flonflons et de l’opération de communication, voire de mystifications, de vrais problèmes existent et pourraient bien se rappeler à la communauté universitaire. La cérémonie de remise officielle des clés des

 universités aux présidents des différentes universités de Côte d’Ivoire s’est déroulée hier lundi 3 septembre – date marquant également le début annoncé de la rentrée universitaire – à l’université de Cocody, désormais appelée «Université Houphouët-Boigny» en présence du chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Des problèmes pourraient bien se rappeler très vite au souvenir de la communauté universitaire et du pays tout entier.

* A quand la rentrée effective dans les universités ?
Les belles cérémonies d’autopromotion, c’est très bien, mais à quand la réouverture effective des universités ? A partir de quelle date les étudiants pourront aller s’inscrire dans les différentes UFR ? A quand la reprise effective des cours après la fermeture des universités par Alassane Ouattara le 19 avril 2011 dès sa prise de pouvoir, c’est-à-dire il y a environ un an et demi ? A toutes ces questions qu’étudiants et parents notamment se posaient, aucun début de réponse n’a été apporté hier. Et pourtant : lors de son discours à l’occasion de la Fête nationale le 7 août dernier, Alassane Ouattara, peu avare en promesses, avait dit devant la Nation entière : «Dès le 3 septembre, les étudiants pourront reprendre le chemin de l’université, dans un cadre entièrement rénové et plus propice à l’enseignement». Très clairement, il a violé ses engagements. Le 3 septembre, certains étudiants ont dansé sur le campus. Le 4 septembre, ils seront tous à la maison…
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique Cissé Ibrahim Bacongo avait déjà botté en touche en indiquant avant cette cérémonie officielle que celle-ci était consacrée à la remise des clés aux présidents des universités. Ceux-ci étant à leur tour chargés de fixer et définir les modalités pratiques de l’effectivité de la rentrée dans les universités. Donc mystère toujours. Les étudiants devront certainement encore patienter pour retrouver les amphithéâtres. Et le régime donne raison au blogueur Alain Doh Bi qui affirmait hier que Ouattara «camoufle la non-tenue de la rentrée effective du 3 septembre par une cérémonie».

* Les revendications des enseignants menacent-elles la tenue des cours ?
Alors que les autorités ne cessent d’appeler à un sursaut de tous les acteurs du système universitaire et en particulier les enseignants, ceux-ci ont en retour posé quelques préoccupations. Des revendications qui ont très souvent été à la base des remous dans les universités. «Place aujourd’hui à de nouveaux comportements et à l’excellence. Excellence dans la manière d’enseigner, d’évaluer et de gérer. Excellence également dans la manière de résoudre l’épineuse question des heures complémentaires, principale source de grèves dans nos universités», a fait savoir Pr. Bakayoko Ly Ramata, présidente (non élue) de l’université FHB de Cocody, qui a quelque peu emprunté au registre syndical. Le gouvernement est donc prévenu.

* Qui remplacera les enseignants en exil ou en prison ?
Parler des absents sans citer leurs noms. Dans son discours, la présidente de l’université de Cocody, Ly Ramata, candidate malheureuse aux dernières élections et qui doit son «pouvoir» à la «situation» a rendu hommage aux devanciers et intellectuels émérites qui ont écrit les lettres de noblesse de l’ancienne université nationale d’Abidjan. Et il est clair que son prédécesseur qui croupit dans les geôles du régime qu’elle sert, Gilbert-Marie Aké N’Gbo, brillant intellectuel reconnu par ses pairs, figure parmi ceux-ci. Bien entendu, elle ne l’a pas nommé personnellement quand elle a dit : «Nous nous en voudrions de ne pas avoir une pensée pour nos ainés et collègues qui ont forgé l’université ivoirienne. La sagesse chinoise nous enseigne qu’en buvant l’eau de puits il ne faut pas oublier ceux qui l’ont creusé. Nous ne pouvons donc oublier nos devanciers bien connus de toute la communauté scientifique», a félicité Pr. Bakayoko Ly Ramata. A l’image de Gilbert Aké N’Gbo, de nombreuses figures du monde universitaire ivoirien, dont l’expérience est précieuse et recherchée hors des frontières nationales, sont en prison ou en exil, traqués par le régime Ouattara au nom d’une absurde vindicte de tous les jours. Bien entendu, les systèmes informatiques performants installés à l’Université pourront, nous explique-t-on, permettre à tout expert, enseignant ou «sachant», d’entretenir des étudiants à distance. Le régime va-t-il dépenser des sommes folles à recruter des «coopérants» étrangers, notamment français, qui enseigneront à distance, alors qu’en cinquante années d’indépendance, une véritable intelligentsia universitaire a fait la fierté du pays ?

* Comment des travaux ont-ils pu coûter 110 milliards sans aucun nouveau bâtiment construit ?
Les bons connaisseurs du campus de Cocody l’auront constaté. Aucun bâtiment nouveau n’a été construit par l’entreprise du sulfureux homme d’affaires Sidi Kagnassi, qui a gagné un marché dont la valeur est montée jusqu’à 110 milliards de FCFA. «Ils ont achevé l’amphi qui avait été presque terminé par le District d’Abidjan au temps de Pierre Amondji. Et ils ont réhabilité les anciens.» La peinture fraîche et le gazon nouvellement planté font toujours belle impression, mais justifient-elles ce prix démentiel ? La présence lors de la cérémonie d’hier de Sidi Kagnassi, au cœur d’un scandale d’Etat dégoupillé par Ouattara lui-même – qui a demandé à son Premier ministre d’enquêter sur les conditions d’attribution du marché de la réhabilitation des campus – avait quelque chose de piquant. Que faisait-il là, parmi les endimanchés et les «happy few» alors qu’Adama Méité, directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur Cissé Bacongo, a été limogé pour sa collusion présumée avec lui dans cette sombre affaire ? Tous ces questionnements sains et citoyens, le régime Ouattara a voulu les étouffer hier dans une grand-messe de la manipulation des esprits. Mais ils reviendront.
Par Anderson Diédri In LNC

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6 septembre 2012 - Posted by | Politique |

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