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Affaire Michel Gbagbo: un rapport contre Soro remis aux députés français

Source :  Soir Info

La mère et les avocats de Michel Gbagbo protestent.
L’affaire Michel Gbagbo continue de faire des vagues en France. Outre la plainte avec constitution de partie civile, déposée auprès du Tribunal de Grande Instance à Paris contre Guillaume Soro et dix (10) chefs de guerre de l’ex-rébellion, les avocats et parent du fils de Laurent Gbagbo ont tenté hier d’empêcher l’audience accordée par le président du Parlement français Claude Bartolone, à son homologue ivoirien.

Guillaume Soro a en effet été reçu hier lundi 2 juillet 2012 dans l’après-midi, à l’hôtel de Lassay à Paris par Claude Bartolone. Une rencontre fortement décriée par les anti-Soro. C’est d’abord la mère française de Michel Gbagbo, Jacqueline Chamois, qui a produit un communiqué de presse dont copie nous est parvenu hier, pour dénoncer cette rencontre entre les deux présidents de Parlement. « Cette audience me paraît, en tant que citoyenne française mère d’un ressortissant français détenu depuis le 11 avril 2011 d’abord à Abidjan, puis à Bouna, choquante et scandaleuse.

Elle est en totale contradiction avec le « changement » annoncé par les nouvelles autorités françaises, notamment en ce qui concerne le traitement de la question ivoirienne, et plus largement avec la défense des droits de la personne humaine », s’est-elle offusquée d’entrée. Et d’ajouter : « Mon fils, Michel Gbagbo a été enlevé le 11 avril 2011, et détenu illégalement pendant des mois par des hommes sous l’autorité de Monsieur Guillaume Soro. Une plainte avec constitution de partie civile pour enlèvement, séquestration, et traitements inhumains et dégradants, a été déposée le lundi 25 juin 2012 devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Paris par Maître Habiba Touré, son avocate, dans le cadre de cette affaire. Les autorités françaises en sont informées, et ne peuvent ignorer le rôle de Monsieur Guillaume Soro dans les faits criminels qui lui sont reprochés. J’exhorte donc Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, à ne pas recevoir le geôlier d’un ressortissant français qui demeure détenu du seul fait de son patronyme ».

Dans la droite ligne de cette protestation et à la suite de la mère de Michel Gbagbo, ce sont ses avocats, en l’occurrence Maîtres Habiba Touré et Serges Mommy Gbè, qui ont pris le relais. Me Touré et son confrère ont rédigé un rapport de 16 pages intitulé « Michel Gbagbo, le captif de Bouna. Un citoyen français dans les geôles de Ouattara », qu’ils ont adressé au président du Parlement français Claude Bartolone, ainsi qu’aux 576 députés de cette Assemblée nationale.

Ce document retrace les différents épisodes de la crise post-électorale, qui s’est soldée par une sanglante guerre et la chute du régime de Laurent Gbagbo. Avec des photos d’un Michel Gbagbo malmené par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à son arrivée à l’hôtel du Golf, alors Quartier général (QG) d’Alassane Ouattara, le document de Me Habiba et Mommy Gbè fait mention des conditions difficiles dans lesquelles les pro-Gbagbo étaient traités, non sans évoquer « une détention arbitraire » de Michel Gbagbo.

Les avocats du fils de l’ex-président accusent surtout Guillaume Soro, Premier ministre et ministre de la Défense au moment des faits, ainsi que dix (10) des chefs de guerre de l’ex-rébellion, d’être les auteurs des souffrances de leur client. D’où la plainte déposée contre le patron de l’ex-rébellion et les anciens commandants de zone. « On peut retenir que depuis sa capture le 11 avril 2011, Michel Gbagbo a vu ses droits les plus élémentaires régulièrement bafoués. Il fut molesté et détenu arbitrairement à l’Hôtel du Golf, avant d’être illégalement transféré à Bouna où il y sera séquestré jusqu’à ce qu’intervienne son inculpation au mois d’août 2011. Dès lors, et bien qu’aucune charge ne puisse réellement être retenue à son encontre, Michel Gbagbo fait l’objet d’une mesure de détention préventive, et ceci sous la surveillance des mêmes personnes qui l’avaient illégalement détenu et filmé dans des circonstances inhumaines et humiliantes. Depuis le 11 avril 2011, Michel Gbagbo a vu sa santé se dégrader, ce qui a eu pour conséquence des séjours à l’Hôpital. Cependant, les avocats n’ont jamais été autorisés à rendre visite à Michel Gbagbo lors de chaque hospitalisation. Ainsi, les droits de Michel Gbagbo ont toujours été régulièrement bafoués par les autorités ivoiriennes, ce qui permet d’émettre de grandes réserves quant à l’assurance d’un procès équitable et au respect des droits de la défense. Dès lors, la détention de Michel Gbagbo réunit en fait tous les critères d’une prise d’otage ou d’un emprisonnement politique », conclut le document.

Hamadou ZIAO

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3 juillet 2012 - Posted by | Politique | , , ,

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