SCANDALE DANS L’ARMEE: DES CHEFS DE GUERRE NOMMES COLONELS PAR OUATTARA
Attaque du camp d’Akouedo: Les hommes de "Wattao" refoulés par Zacharia et Vetcho. Alassane Dramane Ouattara face au défi sécuritaire
Garde républicaine de Treichville: Les soldats grognent
Des soldats de la Garde Républicaine menacent de se soulever. La menace est prise au sérieux. Suffisamment pour que le commandant de la garde républicaine et son adjoint le colonel Amichia le commandant Issiaka Ouattara alias Wattao descendent dans l’arène pour mettre de
l’ordre au sein des troupes. Jeudi, selon des sources bien introduites, les deux chefs de la garde républicaine ont arraché les treillis militaires à tous les soldats non immatriculés pourtant utilisés par la garde républicaine. «En lieu et place, on leur a remis des tenues bleues (culotte et tricot)», rapportent nos sources. Le bleue signifie la servitude dans l’armée. Les jeunes recrues se plaignent de maltraitance et pour cela projetaient de se soulever. Selon nos sources, ces jeunes soldats doivent aller en formation. C’est dire qu’ils ne sont pas encore intégrés dans l’armée. C’est surement pour leur rappeler cela, qu’il leur a été arraché leur treillis militaire.
Coulibaly Zié Oumar
Traque aux faux FRCI dans les rues / Wattao explose devant ses hommes : «Anaconda, Guépard, Atchengué, … tout ça c`est fini» / "Gare à ceux qui …"
Trois jours après le lancement de la traque aux treillis et aux armes détenus illégalement dans les rue, le commandant adjoint de la Garde Républicaine (GR), le commandant Issiaka Wattara alias Wattao, a procédé hier après-midi, à une sensibilisation de ses hommes, à l`occasion d`une revue de troupe au cours de laquelle il n`est pas passé par quatre chemins pour dire des vérités crues aux brebis galeuses dans l`armée. Ci-dessous, un large extrait de ses propos, hier, à la base de la GR de Treichville.
«Je suis venu vous dire ce soir que tout est en train de changer. Tout est en train de rentrer dans l`ordre. Mais, comme vous avez des camarades qui n`ont pas encore conscience de la situation, vous avez vu que la police a pris deux d`entre eux qui étaient détenus à la préfecture. Il y en a qui se sont levés en "Django" pour aller les libérer de force. Ça, ce n`est pas bon pour nous. Ce n`est pas bon pour la Côte d`Ivoire. Parce que, tant qu`il n`y aura pas de sécurité, les gens ne pourront pas investir pour que le président puisse penser à vous. Si le président est décidé à nous aider, il faut que nous aussi l`aidions dans sa tâche. Vous allez voir le changement ces jours -ci. Aucun militaire ne doit sortir sans autorisation. Il y a des permissions pour la matinée, pour la soirée ou pour la nuit. Si tu sors, il faut avoir cette permission, parce qu`il y a la police militaire en patrouille. Tous ceux qu`on va voir en ville, en armes, en tenue, sans permission, comme ceux-là qu`on voit avec tenue militaire en haut, pantalon jeans en bas avec chaussure Sebago, si on t`arrête et qu`on vérifie que tu n`es pas de la Garde Républicaine ou d`un bataillon reconnu, on t`arrête et on te transfère à la MACA (NDLR: Maison d`arrêt et de correction d`Abidjan), parce que tu n`es pas militaire. Quand vous sortez, soyez corrects dans vos tenues et ayez vos permissions en poche pour ne pas avoir de problème. Vous n`avez pas le droit de sortir avec les armes contre les populations civiles, comme vos camarades l`ont fait à Vavoua. Ils ont tué jusqu`à 5 civils. Aujourd`hui, ils sont détenus à la gendarmerie à Daloa.Ils seront déférés. On ne va plus continuer avec ce désordre. C`est fini . Les réservistes qui sont dans les rangs, préparez votre liste, on est prêt à vous arranger. Ceux qui ont droit auront leurs numéros matricules après la visite médicale. On saura comment classer ceux qui ne sont pas en bonne santé. Il y en a qui vont retourner dans nos anciennes bases à Séguéla. Parce que tout le monde a fui pour venir ici. Pas pour une bonne cause, mais rien que pour voler. Ceux qui vont retourner à Séguéla le seront toujours sous le commandement militaire. Ce n`est pas pour dire qu`ils retournent chez eux à la maison. Vos voitures, je vois qu`il y est inscrit Anaconda. Si on voit Anaconda, ils (les éléments de la police militaire ndr) vont les arracher. Il n`y a plus d` Anaconda. Plus de véhicule estampillé Anaconda, Atchengué, Guépard, Djagao, etc. Tout ça, c`est fini. Ceux qui ont ces voitures doivent les envoyer à l`Etat- major pour qu`on les repeigne et les ré-immatricule en plaque militaire. A part cela, ne venez pas me voir pour me dire qu`on a arraché votre voiture. Non! Je préfère vous prévenir dès maintenant. Ceux qui sortent sans permission, celui qu`on prend, il est pris et il va dedans (en prison ndrs). Vous avez des camarades qui étaient devant l`Assemblée, et il y a un faux député qui est allé les chercher pour aller faire campagne. Et où? Dans mon village. Dès que je les ai vus, je me suis dit, "d`où viennent-ils?". Actuellement, je ne sais pas s`ils sont en prison ici. Vous voyez, vous n`allez pas faire 10 ans dans des combats et pour de telles bêtises, vous gâchez votre vie. Ceux qui s`amusent avec la drogue, si on prend un de vos camarades à la police et que certains essayent de les libérer de force, ils me trouveront sur leur chemin. Ceux qui sont intervenus à la préfecture de police, on est à leurs trousses. On va les retrouver. (…). Je suis venu vous parler aujourd`hui pour vous prévenir, de sorte que demain, vous n`ayez pas à redire. C`est pourquoi je vous parle en présence de votre chef de bataillon ici présent. C`est lui qui vous commande. N`allez pas faire des bêtises pour le mettre en difficulté. Il y en a qui s`en vont voler, on les poursuit et c`est devant ma porte qu`ils viennent garer pour dire qu`on est chez le commandant Wattao. (…). Dites-moi, à quel mois n`avez-vous pas été payés? Maintenant, ceux qui bavardent sur leurs primes, elles sont là. Tant que vous n`allez pas à Akakro, vous n`allez pas percevoir ces primes. Parce qu`on se connaît, dès qu`ils auront ces primes, on ne les verra plus. C`est pour retourner dans des corridors, au lieu d`aller se former. Vos camarades, qui sont à Akakro sont en train de se former. Quand ils vont finir et qu`ils vont sortir de là-bas, vous allez voir comment leur comportement aura changé. Donc, si tu vas à Akakro, tu auras ta prime. Tu ne vas pas à Akakro, tu n`as rien. Cette formation, vous allez là faire. Celui qui ne veut pas, il s`en va. Depuis Séguéla, on se connaît. Tous ceux qui m`ont écouté au départ sont en train de bénéficier de mes conseils aujourd`hui. N`est-ce pas? (Ndlr: Acquiescement en chœur). Donc, ce que je vous dis, c`est pour votre avenir. (…). Vous tous ici, vous avez des enfants à la maison. Comment un père de famille peut-il se comporter comme un inconscient? Le petit pécule qu`on vous donne pour vous occuper de vos enfants, certains s`en vont le mettre dans la drogue ou vont voler, etc. Maintenant, si on te prend, on te radie. C`est clair! Actuellement, il n`est plus question de commandant "le fou". Il n`est plus commandant. Il est soldat de 2ème classe . Je le lui ai dit aujourd`hui. S`il a des éléments, ils ne dépendent plus de lui;ils dépendent de leur commandant de la GR, le commandant Fofana ici présent. Nous sommes en train de travailler sur votre situation. Donc, n`allez pas faire des bêtises pour emmerder les gens. Plus de patrouille jusqu`à nouvelle ordre. Celui qu`on prend en ville en train de patrouiller, il trouvera la police militaire sur son chemin. Alors, je préfère vous prévenir. Parce que je ne voudrais pas qu`on m`appelle pour intervenir. A chacun de savoir marcher dès aujourd`hui. Il faut maintenant savoir se comporter, l`heure est grave. On rentre en 2012 ; on ne rentrera pas dans cette nouvelle année avec des vauriens, des voleurs, des braqueurs. Si tu veux voler, enlève le treillis. Si on t`attrape, c`est fini pour toi. Il y en a qui vont voler et ils disent "nous sommes des éléments du commandant Wattao". Vous ai-je dit d`aller voler? A partir d`aujourd`hui, c`est le tourbillon qui arrive. On te prend, au revoir! Les deux éléments pris, on me dit "commandant, il faut les laisser!". Mais, on ne peut pas poursuivre des voleurs qui viennent rentrer chez toi et tu dis "laisse, on va régler en frères". Effectivement, ces éléments-là étaient en train de faire des histoires avec leurs camarades, qui les poursuivaient vers 2h ou 3h du matin. Après, je vois là gendarmerie qui a garé. Les agents me disent qu`ils étaient simplement venus me saluer . Ils ont eu peur parce que j`étais là. Mais, ils ont fait leur rapport. Et c`est après le Conseil des ministres qu`on m`en a fait part. On est militaire, quand tu déconnes, c`est la gendarmerie qui règle. Et eux, ils ne badinent pas. (…). Comportez-vous bien pour demain. Parmi vous, il y en a qui ont de bons niveaux. Il y a des concours que vous pouvez présenter et pour lesquels on peut vous aider. Vous êtes prioritaires à certains concours. Tout le monde n`est pas obligé d`être militaire ; il y a des postes d`Eaux et forêts, de gardes pénitentiaires, etc. Ce n`est pas pour vous décourager. Mais, l`armée, si tu n`es pas instruit, tu ne peux y prétendre…
Propos retranscrits par F.D.BONY
source: Inter
Côte d’Ivoire : Deal autour de Wattao
|
Annoncé à Abidjan vendredi : Wattao veut parler
Issiaka Ouattara dit Wattao, ancien chef de guerre et depuis peu commandant en second de la garde républicaine veut parler. Ce sera à coup sûr demain, vendredi, à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny de Port-Bouët, à son retour des Etats-Unis où il a séjourné pendant plusieurs semaines. Des sources crédibles indiquent qu’il a déjà quitté le sol américain et se trouve depuis quelques jours en Europe. D’où il ralliera Abidjan par un vol de la compagnie Air France le vendredi matin. Selon son entourage, Wattao fera une déclaration à la presse dès sa descente d’avion. Pour dire quoi ? Nul n’en sait encore rien. Il pourrait certainement donner les raisons officielles de sa longue absence qui a évidemment donné lieu à toutes sortes d’interprétations. Des plus réalistes aux plus fantaisistes. On a par exemple dit que Wattao était en fuite parce qu’il ne serait plus en bons termes avec ses amis du pouvoir. Selon d’autres sources, il ne serait plus intéressé par une carrière militaire et qu’il envisagerait de prendre ses distances vis-à-vis du pouvoir qu’il a contribué à installer par les armes. La plus médiatique des Com’zone va-t-il faire faire ses révélations ou s’agit-il simplement d’une opération de communication de la part d’un homme au centre de toutes les polémique ? On verra bien demain.
Augustin Kouyo
Source:NOTRE VOIE
3 Français arrêtés à Abidjan : Les dessous d’une affaire d’Etat
L’affaire des trois Français arrêtés le 20 août dernier par les éléments du commandant Wattao continue de donner le tournis au nouveau régime ivoirien. Pendant que le ministre de l’intérieur M. Hamed Bakayoko se débat dans des explications embrouillées, les langues commencent à se délier.
Selon des sources diplomatiques, dès son retour à Lomé d’où il était venu à Abidjan, le colonel gendarmerie à la retraite Jean-Grégoire Charau aurait appelé le commandant Wattao pour lui présenter ses excuses dans le plus grand secret. Il aurait expliqué qu’il a agi sous la pression des autorités de l’ambassade de France qui auraient saisi l’occasion de cet incident pour mettre en marche leur rouleau compresseur contre Wattao. Trois agents de l’ambassade de France auraient d’ailleurs été montés pour témoigner contre Wattao. Mais pourquoi la France s’acharnerait-elle contre Wattao alors qu’elle a aidé l’ancienne rébellion du nord à renverser Laurent Gbagbo pour installer Alassane Ouattara au pouvoir ? La raison est simple, selon les sources contactées : Wattao est un fidèle parmi les fidèles de Guillaume Soro.
Or, depuis l’installation de Ouattara au pouvoir, la France avait clairement indiqué qu’elle voulait un premier ministre autre que Guillaume Soro qui, quoiqu’on dise, avait eu plus de quatre ans de collaboration avec Laurent Gbagbo presque sans accrocs majeurs. Nul n’ignore que la France a poussé la plupart des Premiers ministres de crise à s’opposer frontalement à Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara devait d’ailleurs en profiter pour honorer sa promesse électorale de donner la primature au Pdci-Rda. La France estime que si Alassane Ouattara s’est résolu à reconduire Guillaume Soro c’est bien parce que ce dernier bénéficiait encore de solides soutiens au sein de la nouvelle armée. Or, il n’y a pas de doute que le soutien militaire le plus sûr de Guillaume Soro demeure Wattao. La complicité entre les deux hommes s’est vérifiée à maintes reprises notamment dans les conflits internes à l’ancienne rébellion. Cela s’est vu notamment quand a éclaté l’affaire Koné Zakaria dans laquelle Wattao avait été en première ligne pour permettre à Guillaume Soro de contrôler la situation.
Mettre Wattao sous l’éteignoir reviendrait inévitablement à livrer Guillaume Soro mains et pieds liés. Alors, on pourrait désormais le faire partir de la Primature sans craindre quelque remous dans l’armée.
D’autres sources rapportent qu’il y a actuellement au sommet de l’Etat, une sorte de divergence de vue sur l’avenir des sociétés d’Etat. Alors que le chef serait favo-rable à des privatisations à tout vent, le premier ministre montrerait quelques réticences. Par principe. Il ne faut pas oublier que malgré les alliances de circonstance, Guillaume Soro n’a pas la culture ultralibérale d’Alassane Ouattara. Ancien leader de la Fesci, il garde, après tout, un amer souvenir des années 90-93 pendant lesquels les privatisations initiées par son allié d’aujourd’hui ont ruiné l’espoir des jeunes de sa génération.
Augustin Kouyo
Wattao dans le viseur des français
Une scabreuse affaire de coup d’Etat impliquant d’anciens militaires français aurait d’abord poussé Issiaka Ouattara dit Wattao à les arrêter avant d’en libérer deux sur les trois interpellés. L’affaire en elle-même n’est pas tout à fait claire, mais c’est ainsi que procèdent généralement les français quand ils veulent liquider celui qui les gêne.
A Abidjan, les rumeurs de coup d’Etat font partie du décor habituel mais pour ce qui est des ressortissants français qui plus sont d’anciens militaires qui voudraient faire partir Ouattara par la force au nez et à la barbe de la coalition internationale qui assure sa sécurité, cela est nouveau dans le ciel ivoirien où rien en principe ne devrait plus surprendre. Or dimanche dernier, c’est pourtant avec cette information que le quotidien français en ligne francesoir.fr a ouvert ses pages nationales maintenant le suspens jusqu’au bout. Selon la dépêche qui relate cette histoire pour le moins alambiquée, reprise par certains journaux ivoiriens, les trois français dont deux anciens officiers et deux anciens sous-officiers ont été arrêtés « dans des conditions troubles » par Wattao et ses hommes qui les soupçonnaient de vouloir faire un pustch. L’information en elle-même en rajoutait à la confusion. Pas de mobile apparent et l’auteur de l’article, pas trop sûr de son affaire, multiplie l’emploi du conditionnel. Eux qui d’ordinaire ont leurs entrées même jusque dans l’intimité des gouvernants africains ne savaient plus si les trois français avaient vraiment été arrêtés. Or paradoxalement l’identité de leur assaillant, lui, ne semblait pas faire l’objet du moindre doute. C’était Wattao comme par hasard. Ses hommes sont sommairement accusés d’avoir malmenés les dits français, ensuite de les avoir dépouillés de la somme de 45 mille euros, environ 30 millions de nos francs.
La stratégie est en place. Pour liquider ceux qui gênent leurs dispositifs, les français n’ont de pareils dans la mise en scène de ce type de scénarii. Avec le développement des moyens de communication, les mass-médias aident généralement à peaufiner les détails de leurs complots. Première chose, il faut toujours partir d’un fait réel. En effet, comme la plupart de ses amis chefs de guerre, Issiaka Ouattara dit Wattao règne sur la partie sud de la capitale et donc sur la zone industrielle du port d’Abidjan où les entreprises françaises ont pignon sur rue. A ce titre, c’est lui qui gère, comme on le dit à Abidjan l’aéroport et tout ce qui a de la valeur aux yeux des français. Mais Wattao règne aussi sur Marcory où vivent la plupart des français dans des villas cossues et bon marché.
Or Wattao n’est pas leur homme. Ses combattants sont régulièrement accusés de rançonner les chefs d’entreprises qui sont pour la plupart des français. Wattao est aussi l’un des chefs de guerre les plus loyaux à Guillaume Soro dont la France voudrait voir la tête coupée. Les dirigeants français avaient notamment demandé à Ouattara de limoger le Premier ministre ivoirien de son poste pour y mettre Tidjane Thiam, l’un des petits fils d’Houphouët-Boigny, histoire de réinstaller tous les paradigmes de la colonisation et des forces locales qui les soutiennent.
Il faut donc commencer à affaiblir Soro en commençant par ses chefs de guerre. D’autant plus que c’est en raison de la présence nombreuse et dissuasive des FRCI majoritairement inféodées au Premier ministre qu’Alassane Ouattara a consenti à le maintenir en place. Wattao est un symbole de la menace Soro. Le liquider amenuiserait la nocivité du chef du gouvernement qui a parfois tendance à la jouer nationaliste comme Laurent Gbagbo.
Mélanie Coulibaly
3 mois après le renversement de Gbagbo: Chérif, Wattao, Zakaria, Fofié… interdits chez Ouattara (La Lettre du Continent)
Dans son édition numéro 615 du 7 juillet 2011, la publication La Lettre du Continent, a révélé que les chefs de guerre de l’ex-rébellion armée sont «instamment priés de ne pas approcher armés, Alassane Dramane Ouattara». Il s’agit, selon le confrère, des commandants Chérif Ousmane, Wattao, Koné Zakaria, Fofié Kouakou, Touré Hervé dit Vetcho mais également Morou Ouattara. Tous ces chefs de guerre et leurs éléments qui font pourtant office de «forces publiques», en l’absence de policiers désarmés, à Abidjan, Yamoussoukro et dans toutes les autres villes, constituent aujourd’hui les Frci, la nouvelle armée pro-Ouattara. Des Frci fondées par décret du nouveau chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Dans la prise de pouvoir de M. Ouattara, les chefs de guerre de l’ex-rébellion et leurs hommes armés ont joué un rôle important. Cela, depuis septembre 2002 à travers la mise sur pied d’une rébellion armée contre le régime Gbagbo, puis en avril 2011, en combattant aux côtés de la force française Licorne pour le renversement du Président Laurent Gbagbo. Vu toutes ces étapes, «l’éloignement » des chefs de guerre de l’ex-rébellion d’Alassane Dramane Ouattara pourrait être perçu par certains observateurs comme une «ingratitude».
Selon des sources concordantes, cette situation de «divorce» serait liée à la mise à nu des nombreuses violations des droits de l’homme qui ont émaillé la crise post-électorale. De nombreuses exactions dont les chefs de guerre seraient les auteurs et pour lesquelles, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme exigent des inculpations et des condamnations judiciaires au niveau de la Cour pénale internationale (CPI). Toujours selon ces sources, le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, serait favorable à la comparution des chefs de guerre incriminés devant la CPI. Il en aurait d’ailleurs fait la promesse à la France et aux Etats-Unis. Voulant éviter toute «surprise» pouvant émaner de ces chefs de guerre, écoeurée par ces révélations, la sécurité de M. Ouattara assurée conjointement par l’Onuci, la force française Licorne et des soldats burkinabé, aurait pris la décision de tenir à l’écart Chérif, Wattao et les autres.


