Côte d’Ivoire : 13.000 habitants ont fui leurs foyers (Onu)
Par AfriSCOOP
Plus de 13.000 personnes ont fui leurs foyers dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire suite à des attaques menées par des hommes armés non identifiés qui ont fait au moins 22 morts, a rapporté jeudi la presse internationale.
Les habitants de la ville de Tai, dans le Sud-Ouest ivoirien, région frontalière du Liberia en proie à un regain de violences meurtrières, sont « traumatisés » et en proie à la peur et à la panique, a déclaré Ute Kollies, chef de l’agence humanitaire de l’ONU en Côte d’Ivoire, citée par l’agence Associated Press.
« Nous avons recensé cinq attaques depuis le début de juin, et vu les rumeurs qui circulent, tout le monde a peur de ce qui pourrait se passer ensuite », a-t-elle souligné. Dans certains villages toutes les maisons ont été détruites, a-t-elle précisé.
Les soldats ivoiriens ont entamé le week-end dernier, en liaison avec les forces libériennes et onusiennes, une manoeuvre de sécurisation de la frontière ivoiro-libérienne, en vue de débusquer les armes et les caches d’armes par des opérations de ratissage. Mais, selon Mme Kollies, « la région frontalière avec le Liberia doit être davantage sécurisée pour protéger la population et offrir des passages sûrs pour l’acheminement de l’aide humanitaire ».
Le 8 juin dernier, une attaque visant des Casques bleus et des villageois dans une zone frontalière avec le Liberia a fait 22 morts dont sept Casques bleus du contingent nigérien de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). Le gouvernement ivoirien a imputé les attaques à d’anciens miliciens ou mercenaires fidèles à l’ex-président Laurent Gbagbo, actuellement détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI).
Mais, pour le Front populaire ivoirien (Fpi, opposition) de l’ancien président Laurent Gbagbo, ces attaques sont une « diversion macabre » et un « complot » ourdi par le président Alassane Ouattara pour « accélérer l’expropriation des paysans autochtones et parachever la colonisation burkinabé en cours pour livrer les ressources nationales aux multinationales ».
L’Ouest ivoirien a été plusieurs fois en proie à des attaques meurtrières depuis la fin de la crise politico-militaire de décembre 2010 à avril 2011, qui a fait quelque 3 000 morts à travers le pays.
Tueries à l’Ouest : Ce qui n’a jamais été dit Des corps en putréfaction Le récit de notre reporter
par Soir Info -
Le brasier de l’ouest ivoirien n’est pas prêt de s’éteindre. La spirale de la violence meurtrière qui s’est emparée de cette partie occidentale
du pays, depuis 2002, va crescendo, chaque jour qui passe. Les dernières attaques, menées entre le vendredi 8 et le mardi 12 juin 2012, qui ont fait un peu plus d’une trentaine de morts, dont sept Casques bleus et des Frci, dans les villages de Para, Saho, Nigré et Tiero-Oula, dans la sous-préfecture de Taï, en sont une parfaite illustration. Nous nous sommes rendus dans ce « bourbier ». Notre reportage.
Notre périple sur la ligne frontalière, longue de 700 Km et qui part du département de Danané en passant par Toulépleu, Bloléquin, Grabo pour connaitre sa chute à Tabou, nous a conduit, d’abord à Toulépleu. La frontière officielle située sur la rivière Tanhi, est à environ 25 Km de la ville de Toulépleu. Depuis le déclanchement de la crise en 2002, les Motos-taxis restent l’unique moyen de transport dans ce département. A la gare dite « 116 » de Toulépleu, ville sinistrée en profondeur, de nombreux jeunes ex-combattants se sont reconvertis dans les activités de chauffeurs de motos-taxis. Le premier que j’aborde, T. J. Bangléi, 22 ans, pour « me déposer à la frontière libérienne » décline l’offre, arguant qu’il « ne peut pas aller se jeter dans la Gueule du loup ». Ce lundi 11 juin, la décision du Liberia de fermer sa frontière avec la, Côte d’Ivoire, suite à l’assassinat de 7 Casques Bleus nigériens venait d’entrer en vigueur. Un convoi humanitaire de six (6) véhicules, estampillés Unhcr (Haut commissariat des nations-unis pour les refugiés) affecté au Service d’aide et d’assistance aux refugiés et apatrides ( Saara) du ministère des affaires étrangères de Côte d’Ivoire qui rentrait d’une mission à Man, venait d’être refoulé à la frontière. Il y aussi que de nombreux Ivoiriens, pris de panique du fait d’une rumeur d’attaque des mercenaires libériens, qui tentaient de gagner le Liberia, ont eux aussi été refoulés. A la frontière, l’atmosphère était, plus ou moins tendue entre les militaires ivoiriens et leurs frères d’armes libériens, mobilisés, de part et d’autre de la ligne frontalière. S’aventurer donc dans ce bled, comporte de gros risques, font valoir tous les chauffeurs de taxis-motos, en dépit des appels au « calme et à la sérénité » que le préfet du département, Karim Diarra fait passer en boucle sur la radio locale.
Bureau du Sous-préfet à l’Hôpital
Mais, l’un d’entre eux, qui se fait appeler « Kington », 27 ans, décide de me conduire, vu que j’étais le premier, et peut-être le dernier de la journée, qui s’annonce difficile pour lui. La course, c’est 15.000 Fcfa, à payer à l’avance. Je m’incline. Chez « Le Gros », détaillant en carburant et grossiste après la seule station service de la ville où les ruptures de stock sont fréquentes, il prend 2 litres de « super » dégageant une odeur de souffre. Le moteur « toussote » dès qu’il démarre. Tout de suite, j’émets des réserves quant à la fiabilité de son engin. « Tonton, ne vous en faites pas, montez, n’ayez aucune crainte » me rassure-t-il. Toutes les motos-taxis, à l’instar de celle que j’emprunte, ayant été acquises au Liberia par des réseaux clandestins, ne disposent d’aucune pièce administrative. Pas d’assurance, pas de vignette encore moins de casque de protection. « On s’arrange avec les gendarmes. Ils nous tolèrent parce qu’ils connaissent nos problèmes. La plupart des chauffeurs de taxis-moto sont des ex-combattants ». Ces motos, selon des sources policières, « sont à la base de nombreux accidents occasionnant des pertes en vies humaines ». A l’hôpital général, dont le plateau technique « vient d’être équipé » à la faveur de la visite du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, le 22 avril 2012, les services font état d’une moyenne d’au moins « cinq accidents dont certains très graves » par semaine. Nous traversons les villages de « Séhi-zimbly, Zoguiné, Guéya pour atteindre la première sous-préfecture ivoirienne, Tiobly, située à 6 Km de la frontière ivoiro-libérienne. A l’entrée du village de Zoguiné, nous croisons une colonne de véhicules de transport de troupes et des Pick-up montés de 12 /7 des soldats de l’Onuci en patrouille, les doigts sur la gâchette, le long de cette voie qui mène directement au Liberia et où bien des embuscades peuvent être tendues…Nous stoppons notre moto et nous nous présentons. Avec un large sourire, ils nous rassurent sur la sécurité qui « prévaut » dans le département. A Tiobly, le sous-préfet, M. Kouassi Koffi est en déplacement « en ville » nous dit-on à son domicile. Ici, le représentant du chef de l’Etat, n’ayant pas encore de bureau, « squatte » un pavillon, notamment, celui du service de la Maternité, de l’hôpital de cette petite localité érigé en chef chef-lieu en 2007. Nous fonçons sur Klobly, le premier village ivoirien après la frontière. Dans tous les villages traversés, les mouvements humains sont moins perceptibles, du fait d’une rumeur d’attaque qui enfle dans ce département où de pires atrocités ont été commises pendant la crise post-électorale. « De Gaule », 53 ans, chef du village de Zoguiné soutient « que presque tous les habitants ont fuit ».
42 passages clandestins
Il est 10 h 38 mn lorsque « Kigston » et moi mettions pieds à terre au poste frontalier à Péhékan-Barrage. L’ambiance, au regard des traits très tirés des militaires ivoiriens, semble indiquer, qu’elle n’est pas au beau fixe. Le dispositif est léger, avec seulement six éléments, mais lance-roquettes et kalachnikov au point. Je me présente et décline mon identité et ma profession. Le soldat qui me conduit vers le chef de poste, le caporal Koné Adama alias Adamo porte de blessures ouvertes en voie de cicatrisation sur tout son corps. « Je suis tombé d’une moto », nous confie-t-il, devant mon regard interrogateur. « La frontière est fermée » me lance-t-il. Par réciprocité à la décision du gouvernement libérien de fermer sa frontière, justifie le chef de poste. Qui se lance dans des dénonciations et le manque d’esprit de coopération des soldats libériens, en particulier ceux de la police de l’immigration. « On ne peut plus aller acheter à manger chez eux. Comme Toulépleu est éloigné, c’est derrière la frontière que nous nous ravitaillons en vivres. Avec cette mesure, c’est vraiment difficile pour nous » se plaint le caporal Koné Adama. Qui poursuit, mettant en relief les difficultés de voisinage avec les soldats libériens. « Tous les francophones sont systématiquement refoulés depuis la fermeture de la frontière. Nous avons laissé passer un car en provenance du Ghana pour le Liberia. Mais, contre toute attente, le service d’immigration et les forces armées libériennes ont laissé passer les anglophones et refoulé les ressortissants ivoiriens et autres francophones, y compris l’apprenti du chauffeur. Nous ne pouvons pas accepter cela. C’est pourquoi, nous avons décidé de fermer notre frontière. Désormais, personne ne passera ici jusqu’à nouvel ordre ». Au plan sécuritaire, il se veut rassurant : « pas une mouche ne peut franchir cette frontière pour nous attaquer ». Alors qu’il tente de nous faire visiter le pont sur la rivière Tanhi, qui marque la frontière officielle avec le Liberia, des militaires libériens, debout dans un pick-up estampillé « police », positionné en travers la chaussée, pointent les canons de leurs Kalachs en notre direction, nous faisant signe de faire demi tour. Nous obtempérons net ! De l’autre côté de la frontière, se trouve les villages de Biahi et Niko, premiers villages libériens de la sous-préfecture de Toe-Town qui abritent de nombreux refugiés ivoiriens. Selon le caporal Koné Adama, la ligne frontalière, de Toulépleu compte « au moins 42 points de passages clandestins » qui ont été répertoriés et qui attendent d’être sécurisés. Ces points de passages sont, notamment, situés dans les villages de Pahoubly, Bakoubly, Péhékan-Houebly, Ouloto-Zrèbly, Guéyédé, Bazobly, Klaon (village du ministre Anne-Désirée Ouloto, ministre de la Salubrité Urbaine), Kpahably, Kahibly, Toyébly, Touaplebly, Ziwêbly et Kouaro indiquent-ils. Tous ces villages bordent le fleuve Nuon, frontière naturelle avec le Liberia. Nous prenons congé du caporal et de ses « hommes » pour regagner la ville de Toulépleu. Le lendemain Mardi 12 juin, c’est la ville de Bloléquin située 50 Km de Toulépleu qui nous accueille. Ici aussi, la vie n’a pas encore totalement repris. La préfecture n’est toujours pas réhabilitée et le préfet travaille à l’ancienne résidence du sous-préfet. La préfecture porte toujours les impacts d’obus et de balles. Mais, au contraire de Toulépleu, ce sont les « camions Kia » qui assurent le transport de la ville vers les villages.
Touzon, village de Samuel Doé…
J’embarque dans l’un de ces véhicules. Le chauffeur, Boureima, 42 ans, pour des raisons que j’ignore, me donne place à l’avant à côté de lui. Le véhicule est « bourré » et nous fonçons à travers la forêt primaire de Bloléquin, dans le canton Gboho. Au moins 5 villages bordent le fleuve Cavally. Ce sont des passages de choix des mercenaires et autres miliciens qui lancent des assauts contre la Côte d’Ivoire. C’est vrai, Bloléquin est jusque-là épargné, mais le risque est grand. Nous traversons Kéhibly, puis Diboké (village du syndicaliste Mahan Gahé), avant d’atteindre Tinhou, le village du ministre du Commerce et Député de Bloléquin, Dagobert Banzio. Le reste de sa résidence, pilonnée par les Mi 24 en 2002 et pillée et saccagée à la faveur de la crise post-électorale, trône à l’extrême gauche à la sortie du village. Il est 15 h lorsque nous atteignons les rives du fleuve Cavally, dans le village de Zilébly. Nous visitons Tuambly, Petit-Guiglo, Dêgoula et Zou-Yahi. C’est de ce dernier village que les populations gagnent le Liberia par la pirogue. De l’autre côté de la rive, un campement de fortune d’Ivoiriens se dresse sous nos yeux. Le village libérien de Sin-niwinhi est à deux pas de la frontière. C’est là que de nombreux Ivoiriens ayant fui la guerre ont trouvé refuge. « Nous n’avons pas de problème ici. Nous voulons bien retourner en Côte d’Ivoire. Mais, c’est un problème de confiance entre nous et ceux qui sont restés sur place. Quand certains traversent la frontière, on les assimile à des rebelles ou des ex-combattants et ils sont bastonnés et puis arrêtés. Il faut que le ministre Dagobert Banzio, notre fils s’investissent dans la résolution de cette affaire afin que nous puissions regagner nos villages », explique M. Kawé, 62 ans originaire de Zou-Yahi, refugié dans ce campement de fortune. Ces populations vivent dans des conditions extrêmement difficiles, selon des témoignages concordants. Ils sont nombreux, qui ont trouvé refuge à Touzon, de l’autre côté du fleuve Cavaly, dans le village de l’ex-président du Liberia Samuel-Kanion Doé. D’autres se sont construit des habitations de fortunes dans son immense plantation d’hévéa qui s’étend sur des dizaines d’hectares. Sans laisser-passer, nous nous sommes refusé à traverser la frontière. Je prends congé d’eux en fin d’après-midi pour rejoindre Guiglo où j’arrive vers 22 h. Le lendemain, j’embarque pour Taï, aidé de mon guide. Nous traversons Zagné, la capitale « d’hévéa », traversons la grande forêt de Taï classée patrimoine mondiale et qui reste l’une des cibles des assaillants, sur ce tronçon impraticable, pour atteindre Taï vers midi, après 3 heures de voyage, du fait du très mauvais état de la route longue d’une soixantaine de kilomètre.
Cadavres en putréfaction…
La veille, c’est-à-dire la nuit du mardi 12, au moins 10 personnes avaient été tuées dans le village de Sieblo-Oula 15 km de Taï. Le vendredi, sept Casques bleus de l’Opération des Nations ont trouvé la mort dans une embuscade. C’est donc en terrain « miné » que nous nous aventurons. Au moment où nous arrivions, le ratissage des Frci pour retrouver les fuyards le long du fleuve qui sépare la Côte d’Ivoire et le Liberia était en cours. Nous décidons de nous rendre à Para, Saho et Nigré, tous situés dans la sous-préfecture de Djiroutou, dans le département de Tabou. Ici, le seul et unique moyen de déplacement, sur ces tronçons abimés, quasiment impraticables, ce sont les moto-taxis. Para, Saho et Nigré, ont été attaqués le vendredi 8 juin 2012 en fin d’après-midi par des individus non identifiés puissamment armés de kalachnikovs et d’armes blanches. Selon des informations sur place, une horde d’assaillants venue du Liberia aurait bénéficié de la complicité des jeunes autochtones pour mener cette attaque des plus meurtrières après la crise post-électorale dans l’ouest. Le bilan définitif, à notre arrivée à Para ce mercredi 13 juin 2012, faisait état de « 32 morts ». Des corps sont observables dans la broussaille, le long de la route que nous empruntons pour joindre les villages de Sakré, Tiero-Oula, Gouléako 1 et Gouléako 2. Ici, le fleuve Cavaly, laisse apparaître de nombreux ilots dont certains sont en terre libérienne et d’autre sur le territoire ivoirien. A notre passage, nous avons pu dénombrer, au moins 20 corps en état de pétrification avancé, couchés un peu partout dans les broussailles. Certains corps venaient d’être fraîchement enterrés tandis que d’autre étaient exposé à ciel ouvert, dégageant une puanteur insoutenable. D’autres sont simplement couvert de branchages. Un enfant de 8 mois a été égorgé, sa mère tuée à l’arme blanche. Les deux corps sont étendus, l’un à côté de l’autre au bord de la route, à l’entrée du village Tiero-Oula. Un homme atteint par balles est mort de façon atroce, recroquevillé, sur lui-même. Le spectacle est tout simplement horrible. C’était l’enfer, pourrait-on dire. Comment en est-on arrivé à cette dramatique attaque ? Dans le cadre d’une mission de sécurisation dans le secteur sud de la région de Taï où des rumeurs d’attaques se confirmaient, des éléments FRCI de la base de Taï se sont déportés dans les villages de Nigré, Saho et Para. Par ces temps de pluie, l’état de la route ne permet pas une intervention rapide. Les éléments des casques bleu venus en renfort sont tombés dans une embuscade car ne maîtrisant pas parfaitement la zone. 7 d’entre eux et 2 éléments des FRCI ont perdu la vie. Selon des témoignages recueillis sur place, les « assaillants étaient tous vêtus de combinaisons noires et très bien organisés », soutient notre interlocuteur, qui, pour des raisons évidentes de sécurité, n’a pas voulu décliner son identité. Après cette opération, relativement bien menée, les assaillants s’en sont pris aux populations de Para. Pendant que certains tiraient à vue, des rafales sur tout ce qui bougeait pour créer un climat de terreur, d’autres fracturaient les portes. Tuant et blessant les pauvres populations sans défense avant de piller leurs biens. Ayant en esprit plusieurs attaques similaires dans la région de Taï qui ont fait des dizaines de morts, les populations rescapées des villages de Para, Nigré et Saho ont pris la fuite pour se retrouver à Grabo et Taï. Pendant que les forces se sont concentrées sur Para, les assaillants à nouveau du coté de Taï, précisément dans les villages de Tiolé-oula, Paulé-oula, Diero-oula et Gomwin où ces mêmes assaillants ont remis le couvert en ouvrant le feu sur les forces de sécurité le mardi 12 juin 2012 au petit matin, blessant un élément des FRCI à la jambe. Les populations pour fuir les combats convergents par centaines vers la ville de Taï où elles sont reçues dans des familles d’accueil. Un plan de contrôle de la frontière ivoiro-libérienne est en cours de préparation avec l’ensemble des Forces de l’Onu, les FRCI, l’armée libérienne et la Mission des Nations unies au Liberia ( Minul). Au moins 5 000 personnes déplacées, dont une majorité de femmes et d’enfants sont à Taï. Aujourd’hui, c’est la peur panique dans les villages frontaliers. Sur toute la ligne, les villages se dépeuplent. Certains fuient dans la forêt, d’autres prennent la direction du Liberia.
Armand B. DEPEYLA (Envoyé Spécial à la frontière ouest)
LE TÉMOIGNAGE D’UN "MIRACULÉ" A PARA
Ouédraogo Seydou raconte comment il a échappé à la mort, cet
après-midi du vendredi 8 juin 2012 et dénonce l’attitude de certains
jeunes du village.
« Cela fait une semaine que des informations faisant état de que des
villages de la sous-préfecture de Djiroutou et la ville de Taï seront
attaqués nous parvenaient. Nous avons aussitôt alerté les FRCI en
poste dans le secteur et le 2è adjoint au maire de la commune de Taï
à son tour, a informé les autorités militaires. Ce vendredi-la
aux environs de 16h, nous avons vu venir des hommes habillés en noir
avec des armes blanches et des kalachnikovs dans le village de Para.
J’ai alors entrouvert légèrement la fenêtre et j’ai vu que notre
maison étaient entourée par des gens lourdement armés. J’ai aussitôt
dit à mon petit frère Sangaré que ce n’était pas des FRCI vu leur
tenue qui ne ressemblait nullement à celle de forces de sécurité.
Ensuite, j’ai dit à ma famille que ce sont des assaillants qui sont
venus attaqués le village pour nous piller, voire nous tuer. Ma femme
s’est mise à prier. Tout à coup, des tirs nourris ont commencé à se
faire entendre avec des hurlements. Pendant ce temps, certains
mercenaires ont commencé à fracturer les portes partout dans le
village car plusieurs d’entre-nous étaient encore dans les
plantations. Quand ils sont arrivés devant ma porte, je me suis mis à
lutter pour ne pas qu’ils entrent. Mon frère se saisit d’une machette
et m’aide à bloquer la porte. C’est ainsi qu’un coup de feu éclate et
malheureusement, c’est lui qui prend une balle en pleine tête et
s’écroule. L’un des mercenaires se jette sur moi et avec une arme
blanche me tranche la gorge. La partie vitale n’étant pas atteinte,
j’ai perdu connaissance. Me laissant pour mort, ils ont fouillé la
maison, emportant argent et bijoux de valeur, non sans avoir dit à ma
femme de rester tranquille sinon, elle subira le même sort que moi.
Elle n’a pas crié. C’est ainsi que l’un d’entre eux dans un accent
anglais a lancé un mot et ils sont partis. Quelques temps plus tard
avec l’arrivée de nos forces de défense, j’ai été découvert baignant
dans une mare de sang et transporté dans le centre de santé de Grabo
».
Propos recueillis par chancelle Goudalet à Grabo
Ouest ivoirien / Des hommes armés attaquent une patrouille mixte ONUCI-FRCI : Plus de dix morts dont 7 Casques bleus Nigériens
Publié par L’intelligent d’Abidjan
Regain de tensions à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Dans l’après-midi du vendredi 8 juin 2012, des hommes armés ont attaqué une patrouille mixte
composée de soldats de l’Onuci et des FRCI. Le bilan provisoire est de 5 morts parmi les FRCI et 7 morts.
Selon des témoignages recueillis sur place, l’attaque a eu lieu à Para, une localité située dans le département de Tabou et à quelques kilomètres de la ville Taï, à la frontière ivoiro-libérienne. « On n’a pas plus de détails pour l’instant, mais cette attaque s’est passée à Para, une localité qui dépend de la sous-préfecture de Guiroutou », a indiqué Barou Balou maire de Tabou que nous avons joint. Dans un communiqué, l’ONUCI a condamné cette attaque, la première contre des soldats onusiens. «Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, condamne avec la plus grande fermeté l’embuscade meurtrière perpétrée ce jour, à l’ouest du pays contre les casques bleus de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Selon un bilan provisoire, cette attaque a coûté la vie à sept soldats de la paix nigériens de l’ONUCI. Ces derniers faisaient partie d’une patrouille en mission au sud de la localité de Tai, dans une zone où l’ONUCI a récemment renforcé sa présence en raison de menaces d’attaques contre les populations civiles. L’ONUCI prendra toutes les mesures qui s’imposent suite à cette grave violation du droit international», précise ce communiqué. Les populations des localités frontalières du Libéria restent dans l’expectative, quant au retour de la sécurité dans leur zone, d’autant plus que le dernier rapport de l’ONG Human Rigth Watch fait état de groupes armés qui sévissent à la frontière ivoiro-libérienne.
L’on assiste depuis hier, à un vaste mouvement de populations fuyant la zone. « De nombreux villageois essaient de fuir", a confirmé à l’Afp le maire de Taï, Désiré Gnonkonté. "Il y a un mouvement de population des villages de Sakré et de Nigré vers la ville de Taï", située plus au nord, et "le déplacement se poursuit également en direction de la ville de Guiritou", plus au sud », a-t-il ajouté. Face à l’insécurité grandissante dans cette partie de l’Ouest, l’état-major général des FRCI, la gendarmerie, la police nationale et les forces paramilitaires, aidés des forces de l’ONUCI, envisagent de lancer une vaste opération de sécurisation de la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Libéria, du 15 au 21 juin 2012. Plusieurs réunions sont organisées dans ce sens, en vue de mettre en place une stratégie pour mettre hors d’état de nuire tous les groupes armés qui foisonnent le long de la frontière ivoiro-libérienne où des attaques d’hommes armés non identifiés sont devenues le lot quotidien des populations. Déjà hier, des hélicos et autres renforcements des positions ont été annoncés dans la zone.
Olivier Dion
Cote d’Ivoire : Des hommes en armes attaquent un village : FRCI et Dozos fuient
C’est l’angoisse au sein des populations de la sous-préfecture de Taï et la désolation chez les habitants du village de Sakré, situé à moins de 30 km de Taï. Et pour cause, dans la nuit du mardi 24 avril au mercredi 25 avril, des individus «lourdement armés» ont attaqué le village de Sakré. Le bilan enregistré en début de soirée, selon plusieurs sources, était d’au moins 8 morts, de nombreux blessés et plusieurs maisons saccagées et incendiées. Notamment, la résidence du ministre Désiré Gnonkonté, cadre du Pdci et par ailleurs maire de la ville de Taï.
Les habitants de Sakré ont trouvé refuge dans la forêt avant de rejoindre Taï au petit matin. Ils ont été aussitôt imités par les villages et campements environnants qui se sont vidés de leurs habitants. De peur de subir le même sort que le village de Sakré.
Au dire d’un ressortissant de la localité, les «assaillants, lourdement armés», étaient maîtres des lieux et aucune résistance ni riposte des éléments des Frci et dozos dans le village n’a été enregistrée. Après avoir été surpris par l’attaque, ayant causé la mort de 4 éléments des Frci. Plusieurs éléments des Frci et de l’Onuci ont été dépêchés en renfort sur les lieux, mais à cause de l’état de dégradation avancée de la voie, ils sont arrivés nettement en retard. Le commando avait déjà disparu.
En moins d’un an, après la fin de la crise post-électorale, c’est la cinquième attaque enregistrée dans la région. Sans que les autorités ne prennent des mesures idoines, afin de garantir la sécurité des populations. Qui sont scandalisées par la facilité avec laquelle des individus en armes sèment la terreur sans être inquiétés outre mesure.
Cette attaque intervient au lendemain de la clôture d’une visite du chef de l’Etat et ministre de la défense, Alassane Ouattara dans l’ouest du pays. Donnera-t-il aux Ivoiriens, et plus particulièrement aux populations de la zone, des explications sur ces formidables carences de la force publique, dans un pays parsemé de milliers de Dozos et où des détachements de FRCI installés jusque dans les villages rançonnent sans arrêt les paisibles populations sans pour autant les protéger ? Les prochains jours nous le diront.
Frank Toti
Nouveau Courrier
Cote d’Ivoire : Insécurité dans l’Ouest du pays: Des individus armés attaquent Taï, 6 morts
Un petit campement d’agriculteurs situé à 13 km du parc national de Taï (600 km d’Abidjan extrême Ouest du pays) a été pris pour cible dans la nuit du lundi au mardi dernier à 22 h par des individus armés non identifiés. Bilan de l’attaque : 6 morts. Selon des sources jointes par téléphone hier à Taï, les campements situés à proximité du village de Ziriglo (lui-même déjà visité par des hommes armés, il y a 4 mois) sont tous peuplés d’agriculteurs baoulés et burkinabés.
Ce qui laisse penser à des crimes crapuleux.Certains témoins sur place le disent même assez clairement. « Pendant la journée, entre les villages de Para et Ziriglo, des coupeurs de route ont d’abord opéré en dépouillant les motocyclistes et les automobilistes, en tirant même sur eux. Ce sont les mêmes coupeurs de route qui pendant la nuit ont attaqué le petit campement, faisant 6 morts. Ils leur prennent d’abord leur argent avant de les exécuter.
On a voulu faire croire que des assaillants étaient venus du côté du Libéria voisin. Mais cette piste a été abandonnée», soutient un témoin joint, hier en fin de journée, dans le chef- lieu de la Sous-préfecture, Taï. Le sous-préfet de Taï, M.Yao Etienne, que nous avons joint également, n’a pas communique de bilan.
« Je ne peux pas vous communiquer à l’état actuel des choses, le nombres de morts. J’ai envoyé des gendarmes sur le terrain, j’attends leur retour pour le point. C’est pour le moment difficile de dire quoique ce soit .Ce que je puis vous dire cependant c’est que des individus non identifiés armés ont tué et sont rentrés dans la forêt. Je n’ai pas de commentaire à faire », a-t-il affirmé. Il y a 4 mois, le village de Ziriglo avait fait les frais d’une attaque similaire ayant occasionné 15 morts. Et les populations avaient formellement pointé le doigt accusateur vers les éléments des Frci. Les circonstances dans lesquelles cette attaque a été opérée ressemblent étrangement à celles de Ziriglo.
Félix Teha Dessrait dessrait@yahoo.fr
notrevoie
Côte D’Ivoire – Attaque de Taï: Or donc ceux qui ont été tué à Taï étaient des soldats onusiens
Beaucoup d’encre avait coulé ces jours ci sur l’identité des personnes tuées lors de la descente musclée du commando du FRCI dans la zone de Taï
Pour cacher leur perte et le fait d’être vomi par la population ivoirienne, le gouvernement des tueurs (gouvernement Ouattara) et la troupe a Choi ont fait savoir à la population que le commando est venu du Libéria pour tuer les pauvres paysans.
Mais la question était pourquoi tueraient-ils des hommes non armés? La réponse envoyée par la bande de tueur de Ouattara était que ces gens avaient faim et donc sont venus cherchés à manger. Mais oui ils avaient faim parcqu’ils n’étaient pas payés. Ils se sont les FRCI. Car ce sont eux qui ont attaqué et ont fait des morts et blessés dans leur rangs et dans les rangs des soldats de l’ONUCI.
Mais ce que les autorités ivoiriennes oubliaient, c’est que ces personnes ont pris le chemin des champs, ils ont même brulé certains avant d’arriver dans ces village qui en fait était rempli d’agents d’ONUCI et de leur collègues rebelles du FRCI.
Après leur frappe, ils se sont volatilisés en emportant des armes mais pas de nourriture en promettant de revenir.
Mais comme Ouattara et son gouvernement croient que les ivoiriens sont des dupes, alors ils cherchent à couvrir leur défaite.
Des sources bien concordantes, aujourd’hui confirmé par Inner City Press, une agence de presse américaine, donne l’identité des personnes tuées dans la zone de Taï.
Selon nos sources et appuyé par la révélation faite par le porte parole de Ban Ki-Moon Martin Nesirky, parmi les personnes tuées on pouvait compter des soldats de l’ONUCI basé dans cette zone.
Selon le porte parole de Ban Ki-Moon, 18 soldats de l’ONUCI avaient été tués le jour de cette incursion dans la zone. Pour montrer que ce n’était pas un point important pour l’ONU à mettre à l’ordre du jour, le représentant de la Côte d’Ivoire et ses accompagnateurs ONUSIEN venus faire le point se sont vu refuser l’accès à la salle, car l’ONU avait d’autres priorités plus importante en ce moment. Voir Lien
Ainsi donc, nous voyons très bien que la cible principale n’était nullement pas la population mais plutôt ceux qui refusent de leur payer leur argent.
Mais notre source indique que ce n’est que le début car bientôt d’autre front vont s’ouvrir.
Attendons de voir.
Source: Wikilibre
Attaque meurtrière de Taï/Le bilan s’alourdit : 23 morts
Le bilan de l’attaque menée par des hommes armés non identifiés, le vendredi 16 septembre dernier, contre le village de Ziriglo dans la sous-préfecture de Taï (650 km d’Abidjan, extrême Ouest), s’est alourdi. Les dernières informations recueillies sur place, hier, font état de 23 morts dont un combattant des Frci. Les victimes civiles sont constituées de femmes, d’enfants et d’hommes. Le village lui-même a été saccagé et incendié par les assaillants à en croire les témoignages. Selon des sources proches des autorités sous-préfectorales de Taï, «la nature des hommes armés qui ont attaqué reste inconnue dans la mesure où ceux-ci se sont évanouis dans la nature après leur forfaiture. Il serait donc hasardeux d’indexer qui que ce soit. Il faut se garder d’indexer qui que ce soit à l’heure actuelle des choses». Allusion faite à certaines tribunes qui ont vite fait d’attribuer l’attaque aux «Libériens ou miliciens pro-Gbagbo». Les pistes pour comprendre cette attaque sont variées. Pendant que le régime Ouattara pointe du doigt des « Libériens », d’autres pistes convergent notamment vers l’existence de bandes armées que soutiendraient des Frci. Des bandes armées exerçant illégalement dans les forêts classées et s’évertuant à protéger, par la force, leurs intérêts relatifs à l’exploitation illicite de l’or. «Il y a des gens qui exploitent l’or à la frontière ivoiro-libérienne, on y trouve des Ivoiriens, des Libériens, des Nigérians et des Burkinabés. Depuis que les Frci sont arrivées sur la plate-forme, les exploitants ne paient plus de taxe. Et cela n’est pas du goût de celui qui se dit propriétaire de la mine d’or. Cette situation peut favoriser des scènes de règlement de compte», soutiennent des personnes interrogées à Taï, à 35 km de Ziriglo. Quant aux combattants des Frci installés sur place, ils estiment que cette situation d’insécurité galopante est liée à la réduction drastique de leurs barrages par le gouvernement. Les autorités municipales de Taï, elles ne sont pas de cet avis. Elles pensent, par contre, que sur le terrain, ni les gendarmes, ni les agents des Eaux et Forêts n’ont le moindre moyen de locomotion ni d’armes pour faire face à l’insécurité criarde.
Félix Téha Dressrait
envoyé spécial à l’Ouest


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