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Le blog de l'actualité Ivoirienne et internationale

Transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cpi – Camp Ouattara: pourquoi on doit craindre


L`ancien chef de l`Etat ivoirien a été transféré, le 29 novembre 2011, à la Cour pénale internationale (Cpi), à La Haye. Une décision qui sonne comme le tocsin dans le camp Ouattara.

Le transfèrement de Laurent Gbagbo, ancien chef de l`Etat ivoirien à La Haye, au delà des sentiments ressenties par certains militants pro-Ouattara, suscite de grosses interrogations dans le camp de l`actuel président de la République, Alassane Ouattara. Si l`on s`en tient aux promesses faites par le chef de l`État lui-même relatives à l`impartialité qu`il veut imprimer au règlement de cette crise. En effet, il promet qu`il sera intransigeant dans sa lutte contre l`impunité. « Les auteurs de crimes seront poursuivis quel que soit leur bord. Il n`y aura pas de discrimination, pas de protection. La justice sera la même pour tous », avait insisté Alassane Ouattara à l`occasion de son récent séjour à Lomé. Une position du chef de l`Etat qui n`a pas varié d`un iota depuis sa prise officielle de fonction après le chute, le 11 avril 2011, de son prédécesseur. Partout, il a été interrogé sur la question, le président Ouattara a été très clair. L`épée de la Justice s`abattra de manière impartiale sur tous ceux qui ont commis des crises contre le peuple de Côte d`Ivoire. Evidemment, dans le camp adverse mais aussi dans son propre camp. Une position ferme qui trouble le sommeil de certains proches nommément accusés, par des organisations internationales des droits de l`Homme d`être auteurs d`exactions et de crimes contre l`humanité. L`on se souvient, par ailleurs, que le président Ouattara avait mis en garde des responsables de la grande muette qu`ils pourraient répondre de violations de droit de l`Homme commis par leurs éléments. Il en va de même pour Luis Moreno- Ocampo. En effet, le procureur de la Cour pénale internationale (Cpi) abonde dans le sens de l`impartialité dans la conduite de son enquête. Une option qu`il a réaffirmée lors de son dernier passage sur les bords de la lagune Ebrié à la mi-octobre 2011. Il avait ajouté que 3 à 6 personnalités étaient visées dans un premier temps. Sûr qu`elles n`appartiennent pas toutes au camp Gbagbo. Puisque les deux camps ont été épinglés par des organisations internationales de droits de l`Homme de graves exactions. Les Forces républicaines de Côte d`Ivoire (Frci) ont été indexées et des chefs de guerre accusés. Selon des sources diplomatiques, des chefs de l`ex-rébellion, seraient dans le viseur de Luis Moreno-Ocampo et sont susceptibles d`être inculpés par la Cpi de crimes de guerre et/ou crimes contre l`humanité. Le transfèrement de Laurent Gbagbo ouvre alors la boîte de pandore qui pourrait emporter des fidèles de Ouattara. « Justice sera faite pour les victimes ivoiriennes de crimes commis à grande échelle : M. Gbagbo est le premier à devoir rendre compte de ses actes. Il ne sera pas le dernier », a affirmé Luis Moreno-Ocampo, dans un communiqué.

Jonas BAIKEH

Source: Soir Info

1 décembre 2011 Publié par | Politique | , , | Poster un commentaire

Surprises annoncées par Ouattara : La démagogie ne prospère plus


Le chef de l’Etat Alassane Dramane Ouattara avait promis qu’il y aurait des surprises avant la fin de la semaine écoulée. Mais c’est quoi la surprise ? Si l’on s’en tient à la définition du dictionnaire Encarta, c’est un «étonnement suscité par quelque chose d’inattendu» ; «cadeau ou plaisir inattendu» ; «qui prend au dépourvu». La surprise peut donc être bonne (pour notre bonheur) ou mauvaise (pour notre malheur) quand on sait que le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. Mais de retour de son énième voyage hors du pays, Ouattara avait parlé de «bonnes surprises» relativement à la participation du Fpi/Cnrd aux législatives. Mais la semaine s’est écoulée tranquillement, sans effet de surprise. Si certains ont voulu donner un contenu à ces surprises, bien d’Ivoiriens se disent : «Qu’est-ce qu’on n’a pas encore vu ici qui pourrait être une surprise pour nous ?» Qu’est-ce qui peut donc encore surprendre les Ivoiriens après tout ce qu’ils ont vécu ? L’opinion a appris à retenir que ce qui réjouit le cœur du Rhdp, n’est pas toujours le sujet de joie de l’ensemble des Ivoiriens. «La bonne surprise» pour le Rhdp ne peut donc être forcément objet de plaisir du peuple ivoirien. Mais à part le tremblement de terre et le tsunami dont Dieu leur a fait grâce, qu’est-ce qui peut surprendre encore les Ivoiriens ? Ils ont vécu la répression du parti unique, le coup d’Etat militaire, la rébellion, la guerre, les bombardements de l’armée mondiale Onu-France. De sorte que des effets d’annonce du genre ne sont plus considérés que comme de la pure démagogie qui ne prospère plus. «Le disque est rayé», dirait-on prosaïquement. Les gens entendent ces paroles, font la moue et passent leur chemin. Parce que, maintenant, ils veulent voir pour croire. Ils veulent avoir la preuve que le pouvoir a eu une oreille attentive aux préoccupations du Fpi/Cnrd afin de lui permettre de prendre part aux législatives.

Germain Séhoué

source : 

8 novembre 2011 Publié par | Politique | , | Poster un commentaire

La genèse du « PONT Henri KONAN BEDIE » : Un exemple de guerre économique contre les pauvres et les pays émergents


Le Pont Henri KONAN BEDIE dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre « des 12 travaux de l’Eléphant d’Afrique » du régime du Président Bédié déjà en 1996.

En 1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d’œuvre est confiée au Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l’époque par THIAM Tidiane. Monsieur THIAM désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l’État de Côte d’Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d’économistes, d’ingénieurs, d’environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d’appel d’offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée). Le projet est alors confié à un opérateur privé en charge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes.

Un appel d’offres est lancé à cet effet et le Groupe BOUYGUES est choisi comme l’opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d’études et de négociation. Le coût du projet est négocié à 91.8 milliards de FCFA avec une concession de 30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.
Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l’Etat de Côte d’Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10 milliards de FCFA).

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard GISCARD d’ESTAING pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l’accès au dit boulevard. Coût de l’échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l’AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L’étude d’impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l’emprise du projet (l’emprise est l’emplacement du pont, des voies de raccordement et de l’échangeur) sont évalués à 6 milliards de FCFA entièrement à la charge de l’État de Côte d’Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois 3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard GISCARD d’ESTAING, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999.
La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory » étant bouclée, la mise en œuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l’emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.
Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd’hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté.
C’est dans l’attente du démarrage effectif des travaux que le coup d’État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.
A la suite de ce coup d’État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition.

Après l’élection du Président Laurent GBAGBO, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l’équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L’équipe-projet le réévalue en tenant compte de l’inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d’avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l’équipe projet propose une solution alternative : la construction d’un pont semi-métallique.

La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au cœur d’Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l’opérateur technique et financier BOUYGUES et d’étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d’Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l’Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI.

C’est alors q’un autre coup d’État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d’emmener Alassane Dramane OUATTARA au pouvoir. Le coup d’État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d’Ivoire.

Après toutes ces péripéties, le Président Laurent GBAGBO demande qu’une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.
Le BNETD s’en remet au Ministère de l’Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l’épargne garanti par le compte séquestre.
Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA.

Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l’opérateur BOUYGUES soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l’évaluation des dommages et intérêts.

Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l’État ivoirien. D’une pierre la Côte d’Ivoire peut réaliser deux coups : 1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres 2/ éviter le péage en plein cœur d’Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.
À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en 2009, le Ministère de l’Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d’un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l’opérateur BOUYGUES sur la construction de l’échangeur du boulevard GISCARD d’ESTAING et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l’État ivoirien pour la construction de l’échangeur.
Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétexte jusqu’au coup d’État de la France du 11 avril 2011.

Pour écarter l’expertise ivoirienne, ADO fait revenir, SEREY EIFFEL, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au GABON où il a dirigé la société écran d’Alassane OUATTARA : l’Institut International pour l’Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent GBAGBO. Alassane OUATTARA reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée. La mise à l’écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l’expertise française en Côte d’Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers « prêts à porter » constituent une « banque » de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en œuvre du pont de Jacqueville, de l’autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l’Hôtel Ivoire et du programme d’urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri KONAN BEDIE est l’expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d’Ivoire et à terme, entre l’occident et l’Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on est mieux servi que par soi-même, dit l’adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d’Ivoire et le futur visage français de l’économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l’Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l’Afrique".

Au moment où les ivoiriens souffrent d’une pauvreté accentuée par l’incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA à payer les salaires, d’une extermination des micro-entreprises, d’un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l’insécurité chronique. Au moment où les ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C’est ce moment que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et le Groupe BOUYGUES choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président GBAGBO propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l’approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs retro commissions.

Les divergences d’approche du développent de la Côte d’Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des ivoiriens par le Président Laurent GBAGBO sont la cause fondamentale de l’emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d’Ivoire par la françafrique.

Par Ahoua DON MELLO, Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l’équipement et d’assainissement du gouvernement Gilbert AKE NGBO.

source : Ahoua DON MELLO

29 septembre 2011 Publié par | Politique | , , | Poster un commentaire

Côte d’Ivoire : Le droit de refuser la paix qui tue! (La Révolution Permanente N°00100/09/11)


J’ai déjà écrit sur la légitime défense. Je n’y reviens pas dans cet Article 101ème de la Révolution Permanente. Mais je vais en tirer les conséquences pour ceux qui pensent que crier sa douleur, sa révolte et son refus d’accepter l’injustice, la violation des droits humains les plus élémentaires, la destruction de son pays, c’est refuser d’aller à la paix.

Pour ne pas qu’on s’énerve inutilement, je voudrais clarifier une petite chose. De quoi nous parle-t-on quand on parle de paix en période d’occupation étrangère en Côte d’Ivoire ? Est-ce la soumission à l’agresseur que certains appellent faire la paix ou le fait de se contenter de pleurer et attendre que l’ennemi soit fatigué de vous piétiner ? Aller à la paix après une période de conflit, c’est quoi ?

Cette dernière question m’amène à poser une autre question, la plus importante : le conflit en Côte d’Ivoire est-il fini ?

Si vous répondez honnêtement à cette question, vous pouvez comprendre ce qui se passe et ce qui va se passer en Côte d’Ivoire.

Car pour ceux qui sont considérés pro-GBAGBO, LMP, militants ou sympathisants, et de plus en plus, pour une nouvelle catégorie d’Ivoiriens ou d’habitants de Côte d’Ivoire, le conflit qui oppose la France, ses alliés Ivoiriens ou étrangers vivant en Côte d’Ivoire à une partie des Ivoiriens, est très loin d’être terminé.

Alors si le conflit se poursuit, pourquoi voulez-vous que l’une des parties protagonistes, se contente d’encaisser les nouveaux coups de plus en plus destructeurs donnés par le camp ennemi, sans riposter ?

Et chaque jour, ces coups se multiplient : exécutions sommaires des personnes jugées pro-GBAGBO ; nouveau relent du génocide des Wè sous prétexte qu’ils abriteraient des combattants pro-GBAGBO ; maintien en détention ou en déportation des cadres du FPI ; contrainte à l’exil des militants, cadres et sympathisants LMP (La Majorité Présidentielle) ; maintien du gèle des avoirs des cadres LMP ; licenciement systématique ou rétrogradation des cadres LMP occupant des fonctions avant même que GBAGBO Laurent ne devienne Président ; empêchement systématique par des actes de torture de montrer son appartenance au FPI ; volonté manifestement affichée d’appauvrir tous les cadres LMP travaillant dans les entreprises publiques, en préparant leur licenciement en masse pour l’année 2012, notamment en les privant d’activité et en les mettant à la disposition des Directions des Ressources Humaines de leur entreprises respectives, pour attendre le couperet des évaluations de fin d’année ; etc. etc.

La liste est trop longue. Pendant ce temps, une communication de guerre, fondamentalement propagandiste a cours. Ils font croire dans tous les média qu’ils ont une volonté de réconciliation, qu’ils ont mandaté des affidés à leur cause, pour organiser la réconciliation et que la paix est revenue, sans GBAGBO Laurent, sans les cadres FPI ou LMP, et notamment en éliminant les dernières poches de résistances éventuelles.

Soyez honnêtes ! Ayez le courage d’en parler ! Ils font ce qu’ils appellent le ratissage. Cela a abouti dans un premier temps au désarmement des FDS (Forces de Défense et de Sécurité) et au renforcement de la puissance de feu des FRCI (forces rebelles).

Le ratissage se poursuit en contraignant à l’exil, la plupart des cadres avec des mandants d’arrêts internationaux.

Cette stratégie s’est renforcée avec le plan d’appauvrissement des cadres LMP restés en activité parce qu’ils pensent qu’ils vont financer la réorganisation de la résistance.

Ils veulent couper le nœud gordien en faisant mourir Laurent GBAGBO en prison.

Ils ont jugé bon de reprendre le génocide des Wè en traitant leurs enfants de miliciens ou mercenaires libériens afin de justifier ce massacre.

Ils vont poursuivre leur projet d’anéantir le FPI en mettant au chômage, l’ensemble des cadres LMP qui ne se rallieraient pas eux avant la fin de l’année 2011. Parce que l’Imposteur et ses alliés croient que les sacrifices humains vont leur assurer une longévité qui les mènera jusqu’en 2012.

Nous sommes en guerre ! Cette guerre n’a pris que de nouvelles formes. Elle n’a fait que se déporter sur d’autres terrains, croyant alors avoir gagné la phase militaire.

Alors qui veut encore me parler de paix ? Avec qui ? Et pour quelle raison ? Quel traité de paix avons-nous signé avec la France et ses alliés locaux ? Quels actes ont-ils posé qui montrent qu’ils veulent aller à la paix ? Pourquoi pensez-vous de façon complice, que la paix en Côte d’Ivoire doit se faire contre les militants LMP ou ceux qui sont qualifiés de pro-GBAGBO ?

Votre complicité passive ou active dans cette escroquerie morale appelée réconciliation ou paix, dont vous voulez cacher les perversions par vos média, est comme un produit inflammable versé sur notre ardeur combattante.
Votre langue de bois et votre refus de dire la vérité dans la crise ivoirienne et les autres crises en Afrique, nous donnent le droit de refuser d’être anéantis en Côte d’Ivoire, en Libye et ailleurs en Afrique.

Car, on peut nous priver de tous les droits, sauf de notre droit de nous défendre quand nous sommes agressés. On peut nous priver de notre liberté, sauf de notre liberté d’organiser la lutte pour notre survie.

En Côte d’Ivoire, s’ils voulaient la paix, s’ils pensaient que la guerre était finie, ils n’auraient pas poursuivi les assauts contre notre vie, contre nos emplois, contre nos avoirs, contre nos leaders, contre les jeunes Wè et leurs familles, contre les richesses de la Côte d’Ivoire, contre l’avenir des Ivoiriens.

Alors nous sommes libres de refuser leur paix de façade, de refuser leurs manœuvres dilatoires pour nous anéantir en douceur, de refuser leur insulte à notre intelligence.

Ils nous font la guerre, nous devons les vaincre par une riposte totale et permanente. Et sur tous les fronts. A la guerre comme à la guerre !

A très bientôt.

Hassane Magued

28 septembre 2011 Publié par | Politique | , , | Poster un commentaire

Nouvelles promesses de Ouattara aux Ivoiriens, devant l’Onu : Le pouvoir rêve debout



La belle tribune de l’Organisation des nations unies, royalement offerte par des alliés ! Ouattara ne pouvait pas la manquer. Pour son dernier show étasunien, il s’est efforcé, laborieusement, d’assurer le spectacle jusqu’au bout. Au risque de pousser trop loin le bouchon des promesses qui ne seront jamais tenues. En effet, s’adressant à son public dans  son habituel «a cappella», la main sur le cœur, le nouvel occupant du palais d’Abidjan a, une fois encore,  promis de réaliser le miracle. Il prétend faire de la Côte d’Ivoire un pays ‘’émergent’’, d’ici 2020. On peut même penser que si le dictateur d’Abidjan, jouant la comédie aux yeux du monde, n’a pas employé le terme “développé”, c’est peut-être parce que quelqu’un de mieux avisé l’a pincé sous la table pour lui déconseiller une telle exagération. Car, au regard au défi insurmontable qui se dresse devant lui, on  aurait été tenté de sourire, si ce n’était hélas pas l’avenir de la Côte d’Ivoire que le pouvoir en place est en train d’hypothéquer, avec tant de légèreté. Ouattara, à la tribune de l’Onu, parle comme si la Côte d’Ivoire était un pays indépendant qui a son destin en main et qui peut décider lui-même de son devenir en marchant de façon souveraine sur les chantiers de son développement, tout en disposant de ses propres ressources.

L’implacable réalité historique d’un pays recolonisé

La prétention de Ouattara choque pour plusieurs raisons tellement évidentes qu’elles nous obstruent la vue. En attendant que les vrais économistes, experts en la matière, rappellent à Ouattara la vanité de son ambition de faire de la côte d’Ivoire un pays «émergeant» à l’orée 2020, nous nous contenterons de lui présenter  l’implacable réalité historique qui rend impossible l’émergence de la Côte d’Ivoire, tant que ce pays restera sous le joug colonial, comme c’est malheureusement le cas avec un régime aux ordres installé le lundi 11 avril 2011. Ouattara doit savoir que si la France s’est donné la peine de mener des «expéditions» commerciales et militaire dès 1880 pour «soumettre» et s’approprier des «territoires» dont elle a fait des «colonies», ce n’est pas pour aider les peuples de ces «possessions» à s’émanciper et à se hisser au même niveau qu’elle. Pour qui a une fois ouvert un livre d’Histoire, les raisons qui ont poussé les puissances impérialistes à conquérir des territoires en Afrique sont des raisons purement économiques, qui ont été habillées d’une parodie d’humanisme et d’une prétentieuse «mission civilisatrice».  La vérité est que  les territoires occupés en Afrique par la colonisation européenne étaient de deux ordres. Il y avait les «colonies d’exploitation». Oui, vous avez bien lu : Exploitation ! C’est le mot. Exploiter les richesses de l’Afrique pour développer l’économie de l’Europe. Telle  est la motivation, essentielle, qui a guidé la colonisation et qui explique la mainmise, jusqu’à présent, des pays impérialistes sur le continent noir. La souffrance du Noir n’a pas d’autre source. Peut-être faut-il y ajouter le sort tragique du « Nègre » qui remonte à l’esclavage. Les tenants actuels du pouvoir pourraient par exemple effectuer un pèlerinage à «la Maison des Esclaves» à l’Ile de Gorée au Sénégal pour se souvenir que les Africains, enchaînés tels des forçats,  y ont transité pour aller être exploités comme des bêtes de sommes dans les plantations de canne à sucre aux Etats unis. Des siècles de souffrance  qui nous ont laissé en héritage  le «Negro spiritual» et le «Blues». Ça vous dit ? Dans une mesure à peine nuancée, il y a eu aussi les «colonies de  peuplement» qui permirent par exemple aux Français dits «Pieds noirs» d’envahir et d’occuper l’Algérie en décrétant  que ce territoire leur appartenait. Quant aux conditions d’exploitation du peule algérien, elles étaient les mêmes que partout ailleurs dans les autres colonies. L’Algérie dut mener sa «guerre de libération» pour chasser l’occupant. Une fois cela rappelé, le colonisé, puisque cette réalité n’a pas cessé en Côte d’Ivoire, a le devoir historique de savoir que la France, pour ce qui nous concerne, avait deux ensembles de territoires sous sa domination. L’Afrique équatoriale française (Aef) qui regroupait le Gabon, le Moyen Congo, l’Oubangui Chari (actuel Centrafrique) et le Tchad. Et l’Afrique occidentale française (Aof) qui réunissait  le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan (actuel Mali), la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Guinée, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Dahomey (actuels Togo et Benin). Ces territoires, administrés chacun par un «gouvernement général», assuraient, et continuent d’assurer à ce jour, les besoins de la France (la métropole) en produits agricoles (cacao café, huile de palme, arachides…) et en extraction minière (or,  diamant, manganèse, bauxite uranium, pétrole et autres métaux rares et précieux). Voilà le vrai visage de la présence française en Afrique.

Le triste sort de «l’Afrique française»

Il apparait donc évident que les raisons de la présence française en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, sont incompatibles avec tout projet  d’émergence. Tant que le pays demeurera sous le contrôle exclusif de l’Elysée. Ce n’est pas un hasard si la France a mené la guerre à Laurent Gbagbo pendant 10 ans, avant de l’éjecter le 11 avril 2011. Laurent Gbagbo avait clairement affiché sa volonté de soustraire la Côte d’Ivoire du giron français en en faisant un pays véritablement souverain, au plan économique et politique. Avant lui, Henri Konan Bédié avait osé dire, en 1997 au cours d’une visite à Singapour, que : «La Côte d’Ivoire n’est la chasse gardée de personne». Il parlait de la France, bien sûr. Le sphinx de Daoukro avait décidé de diversifier les relations de la Côte d’Ivoire. Si la France tenait à laisser la Côte d’Ivoire «émerger», elle n’aurait pas renversé ceux-ci. Paris irait-il à l’encontre  de ses intérêts en laissant la Côte d’Ivoire se développer ? La France ferait-elle une chose et son contraire ? La liberté et l’indépendance de l’Afrique sont perçues par la France comme une menace. Car sans les réserves de ses colonies en Afrique, la France n’est guère  qu’un petit pays sans ressources naturelles en Europe. Pour s’en convaincre, il faut ré-parcourir tous les coups d’Etat qui ont jalonné l’histoire des colonies française en Afrique. Tous les chefs d’Etat qui se sont  permis de rêver à l’émergence de leurs pays ont été renversés où assassinés par les soins de la France. Seuls les «bons élèves» du maître y ont réchappé. Mais à quel prix ? On se souvient des amers regrets de Félix Houphouët-Boigny qui s’est affligé, au soir de sa vie, de ce que les pays noirs soient toujours sous la domination de la France, après le combat pour les indépendances que les dignes leaders africains ont mené. On connaît l’histoire d’Omar Bongo. Grand financier occulte de la classe politique française, dernier dinosaure de la «Françafrique»,  mort de chagrin parce que méchamment humilié par Paris, dans ses derniers moments, pour avoir eu le malheur de remettre en cause l’exploitation abusive du pétrole gabonais par la France. Aucun pays colonisé par la France n’est jamais sorti du sous développement où Paris entend au contraire maintenir ses «possessions» pendant longtemps encore. «Les coups d’Etat en Afrique sont un investissement, pour assurer l’avenir de plusieurs générations de Français», nous a-t-on dit. On sait que seuls les esclaves qui parviennent à affranchir de haute lutte sont en mesure de prétendre à l’émergence dont Ouattara parle. Or, dès son installation au pouvoir, Ouattara a signé un nouveau contrat colonial avec la France. Lors  de la visite du Premier ministre Français François Fillon à Abidjan en juillet dernier, Ouattara s’est engagé à un nouveau pacte  colonial. Dans lequel la France va retrouver sa mainmise totale sur  l’économie de la Côte d’Ivoire en maintenant sa présence militaire à Abidjan. Le régime de Ouattara ayant demandé la protection de Paris. Un journaliste Français a eu le nez creux en parlant du «retour des colons» au cours du point de presse animé conjointement par les deux hommes. Certes, cela n’a pas fait plaisir au dictateur d’Abidjan. Mais c’est cela la réalité. Parler émergence de la Côte d’Ivoire sous Ouattara, c’est rêver debout en se moquant des Ivoiriens. Car dire que la Côte d’Ivoire va émerger, c’est accepter l’idée qu’elle doit se démarquer définitivement de la France. Peut-être était-ce un lapsus. Attention. De tels propos ont déjà coûté cher à Bédié, l’allié.

K. Kouassi Maurice

Source: Le Temps

27 septembre 2011 Publié par | Politique | , , | Poster un commentaire

Alassane OUATTARA vend… au marché noir


Alassane OUATTARA vend… au marché noirSelon Fraternité-Matin, le chef de l’Etat s’apprête à privatiser 25% du stock des 200 entreprises à participation publique de l’Etat. La mission conjointe du FMI et de la Banque Mondiale qui séjourne d’ailleurs à Abidjan depuis quelques jours a abordé hier la question en petit comité avec leurs interlocuteurs ivoiriens.

Une première réunion sur les privatisations annoncées en début de semaine par le pro-gouvernemental Fraternité-Matin devait avoir lieu  dans un cadre tenu secret jusqu’à midi hier. Des fonctionnaires du Trésor public triés sur le volet devaient y assister. Le sujet est en effet délicat et l’Etat incarné par ceux qui avaient en 1992 supervisé les premières privatisations n’ont sans doute pas l’intention de se retrouver dans les médias nationaux. Cette première réunion avec la mission conjointe du FMI et de la Banque Mondiale doit tourner autour des dividendes attendus par l’Etat ivoirien ; ainsi que du nombre d’entreprises à privatiser. Selon le quotidien gouvernemental, ce sont 25% du stock d’entreprises des 200 entreprises publiques ou à participations de l’Etat qui sont concernées.

Officiellement, l’Etat a décidé de se désengager desdites  sociétés pour transférer leur gestion au privé afin de les rendre efficaces et bénéfiques pour la population. En réalité, ce sont généralement les entreprises françaises qui se frottent les mains puisqu’elles conservent le monopole de l’offre. C’est de cette façon qu’a d’ailleurs été vendue la compagnie ivoirienne d’électricité qui jouit d’une concession existant nulle part au monde.
Pour ladite  opération, l’Etat cafouille et ne sait pas encore s’il faut réduire de 25% les parts de l’Etat dans lesdites sociétés, soit faire disparaître ces sociétés par un recadrement de leurs opérations, soit encore  choisir une fusion absorption. Mais au final, seul l’acheteur tirera le meilleur profit de ces cessions. La pratique voudrait aussi qu’à cette occasion, les vendeurs eux-mêmes se cachent derrière des prête-noms pour racheter eux-mêmes ce qu’ils vendent.
En 1992, seulement huit entreprises sur les 300 avaient été privatisées. Sans doute en raison des réticences de l’Assemblée nationale qu’Alassane Ouattara alors premier ministre avait allègrement contournée. C’est d’ailleurs la même tactique utilisée par l’exécutif ivoirien. Ouattara veut profiter de la situation quasi comateuse de l’Assemblée nationale pour vendre comme par le passé lesdites  entreprises.

Le président de l’Assemblée nationale, un certain Henri Konan Bédié, s’était élevé cette année-là  contre ces privatisations, y compris le manque de transparence qui entourait la procédure. C’est d’ailleurs la même crainte qui refait surface. Car à l’allure où vont les choses, toutes ces entreprises risquent d’être fourguées au premier Français à satisfaire. Sur la question, le chef de l’Etat fait un passage en force certes coutumier mais cette fois-ci incompréhensible. A sa demande, la plupart des entreprises ont été auditées. A-t-il su qu’elles étaient mal gérées et qu’il n’ya pas un autre moyen pour les rendre compétitives ? Personne ne le saura.
Le gouvernement fait la sourde oreille et  fait, sur la question, une querelle idéologique à ceux qui lui reprochent de brader tous les secteurs stratégiques de l’Etat. En France, l’eau et le gaz font l’objet d’un monopole de l’Etat et les chantres du libéralisme comme les Etats-Unis ont injecté des milliards de dollars dans des banques pour freiner les conséquences de la crise financière qui menaçait d’embraser les pays occidentaux. Il n’ya donc pas de raison à tout vendre. Surtout quand ces entreprises n’apportent pas  de véritables plus-values rendant nécessaires leur vente. D’ailleurs, la privatisation de l’aéroport Houphouët-Boigny s’est faite au détriment de l’Etat de Côte d’Ivoire qui a assisté sans broncher à la prise en charge directe des travaux par les usagers eux-mêmes.
Au demeurant, M. Ouattara doit des comptes aux Ivoiriens à qui ils n’a jamais fait le bilan des précédentes privatisations. Malheureusement, il est bien parti pour rééditer l’exploit.

Joseph Titi

7 septembre 2011 Publié par | Uncategorized | , , | Poster un commentaire

LETTRE OUVERTE À ALASSANE OUATTARA POUR LA LIBÉRATION DU JOURNALISTE HERMANN ABOA


Le 6 septembre 2011, Reporters sans frontières a adressé un courrier au président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, pour lui demander de faciliter la remise en liberté provisoire de Hermann Aboa, détenu depuis le 21 juillet dernier. L’organisation s’inquiète des conditions de détention du journaliste de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI) depuis son transfert à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Voici le texte de la lettre :

Monsieur Alassane Dramane Ouattara
Président de la République
Abidjan – Côte d’Ivoire

Paris, le 6 septembre 2011

Monsieur le Président,

Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, souhaite réitérer auprès de vous l’appel qu’elle a déjà lancé en faveur de la libération du journaliste de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), Hermann Aboa, détenu depuis le 21 juillet 2011.

Comme vous le savez, Hermann Aboa animait l’émission-débat "Raison d’Etat" sur la chaîne La Première, désormais rebaptisée RTI 1. Plusieurs chefs d’accusation sont retenus contre lui – "atteinte à la défense nationale", "attentat-complot contre l’autorité de l’Etat", "atteinte à l’intégrité du territoire national", "participation à une bande armée", "participation à un mouvement insurrectionnel" et "atteinte à l’ordre public" – pour lesquels il encourt la prison à vie.

Durant la crise postélectorale, "Raison d’Etat" servait de tribune dans laquelle étaient exposées, de façon parfois virulente il est vrai, les thèses favorables au maintien de Laurent Gbagbo au pouvoir, mais Hermann Aboa estime n’avoir fait que son métier de journaliste. Si ce sont ses activités professionnelles qui lui sont reprochées, il devrait être poursuivi en vertu de la loi sur les médias de 2004 qui dépénalise les délits de presse et met donc le journaliste à l’abri de la prison.

D’abord détenu à la caserne de la gendarmerie d’Agban, le journaliste a ensuite été transféré à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) où il occupe, avec deux codétenus, une cellule du bâtiment C, celui des criminels les plus dangereux. Les visites de sa famille biologique et de son avocat sont autorisées, mais pas celles d’amis ou d’étrangers souhaitant le rencontrer. L’autorisation de visite est soumise à l’accord du parquet.

Hermann Aboa a demandé aux autorités pénitentiaires d’être transféré dans le "bâtiment des assimilés", où il devrait bénéficier de meilleures conditions de détention, mais la direction de la Maca n’a pas accédé à sa demande.

Quant à la possibilité d’une libération provisoire, elle se heurte à une fin de non recevoir tant que Hermann Aboa n’a pas été entendu sur le fond. Or, le journaliste n’a toujours pas été auditionné depuis le début de sa détention préventive.

Non seulement nous comprenons mal pourquoi les autorités ivoiriennes refusent de lui accorder la liberté provisoire, mais nous sommes par ailleurs préoccupés par le durcissement de ses conditions de détention depuis son transfert à la Maca.

Alors que les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sont en train de lever le siège de la rédaction du quotidien Notre Voie, laissant espérer que les pressions sur la presse d’opposition cessent, nous vous demandons de vous affirmer comme le garant du respect de la loi de 2004 et de la liberté d’expression en Côte d’Ivoire. Vous signeriez un geste rassurant et fort en demandant que Hermann Aboa soit interrogé au fond dans les meilleurs délais et en facilitant sa remise en liberté provisoire.

Dans l’espoir que vous accorderez une suite favorable à nos requêtes, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Jean-François Julliard
Secrétaire général

6 septembre 2011 Publié par | Politique | , , | Poster un commentaire

La réconciliation selon ouattara:un échec programmé?


Selon le dictionnaire Larousse « réconcilier est l’action de rétablir des relations amicales entre des personnes brouillées ».

En Côte d’Ivoire, la brouille entre les fils de ce pays est intervenue lorsqu’en 1990, un certain personnage a été introduit dans la gestion des affaires administratives et politiques ivoiriennes. Ce désaccord est allé en s’aggravant d’année en année pour aboutir en Avril 2011, au renversement du Président GBAGBO par l’armée française.

Depuis, cet homme, devenu Chef de l’Etat imposé aux ivoiriens, parle de réconciliation et a, à cet effet, mis sur pied une commission dénommée, « commission dialogue, vérité et réconciliation » (CDVR). Celle-ci est chargée de remettre en meilleur état les rapports entre les différentes composantes de la société ivoirienne en conflit et plus particulièrement, entre d’une part Ouattara et le RHDP et d’autre part GBAGBO et le CNRD.

Rappelons que la société ivoirienne, depuis la mort d’ Houphouët-Boigny, a connu de nombreux soubresauts.

En 1993, Ouattara, alors Premier Ministre a tenté d’empêcher Bédié, désigné par la constitution, d’accéder au pouvoir. Suivra le coup d’état de 1999 orchestré par le même Ouattara dont la couardise a amené ses « jeunes gens » parmi lesquels le tristement célèbre IB du « commando invisible » assassiné en 2011 par les rebelles de SORO, à choisir le Général GUEI Robert comme leur Chef. Le point culminant de ces soubresauts a été la guerre que la France aidée des rebelles et mercenaires de Ouattara a livrée à la Côte d’Ivoire de GBAGBO pour installer dans la violence armée, son homme de main.

Il faut donc trouver les moyens de rétablir la confiance entre les fils de ce pays obligés, de cohabiter sur ce territoire, le seul que Dieu leur a donné, de travailler solidairement pour le véritable développement de la Côte d’Ivoire. A cet effet, le Président GBAGBO en 2001, avait convoqué le « Forum du Dialogue ». Malheureusement, cette catharsis, par la faute de certains leaders de l’opposition d’alors qui ont pratiqué le mensonge, l’hypocrisie, le faux témoignage, n’a pu atteindre les objectifs visés.

En 2002, malgré la formation d’un gouvernement d’union nationale avec la participation du RDR, Ouattara récidive en Septembre de la même année, cette fois en attaquant avec des armes lourdes sur l’ensemble du territoire. L’échec de cette énième tentative de coups d’état a conduit les auteurs de cette barbarie, à se replier sur la moitié Nord du pays, lieu d’origine de ces criminels, donnant ainsi naissance à la rébellion. Ce kyste, imposé par la France aidée des autorités du pays des soi-disant hommes intègres, est demeuré jusqu’à l’élection présidentielle de Novembre 2010.

Toutes ces actions déstabilisatrices de ces criminels ont fait naître dans l’esprit des ivoiriens beaucoup de ressentiments, de suspicion et de frustration.

C’est pourquoi, il importe, à l’analyse de la situation sociopolitique actuelle, de faire ressortir les obstacles pouvant conduire à un nouvel échec et proposer les conditions susceptibles de garantir une véritable réconciliation.

1.    Les obstacles à la réconciliation.

Rechercher les obstacles, conduit à les identifier pour s’en défaire. Ils tiennent en partie au Chef de l’Etat actuel, à son parti le RDR, au RHDP, à la rébellion ancrée depuis 2002 sur la moitié Nord du territoire ivoirien et aux acteurs politiques.

Ouattara a toujours montré son impatience à occuper, vaille que vaille, le fauteuil présidentiel. Il a aussi manifesté le désir malsain de « mélanger ce pays ». Ainsi, avec l’aide de son pays d’origine et surtout de la France, il a atteint, après de nombreuses atrocités, son objectif.

Dès sa prise de pouvoir, il n’a pas daigné respecter la constitution. On en veut pour preuve le rejet des résultats du Conseil Constitutionnel, la nomination du Président du Conseil Economique et Social pourtant non membre de cette institution, le choix d’un nouveau Président du Conseil Constitutionnel avant la fin du mandat constitutionnel du précédent devant qui il a prêté serment (une mise en scène honteuse), la dissolution de fait de l’Assemblée Nationale par le non paiement des indemnités des députés de la présente législature et le refus, après invitation du Président de cette institution, de se présenter devant les élus du peuple. Ainsi donc le slogan de campagne ADO-solution devient ADO-dissolution.

En outre, aujourd’hui, il apparaît clairement que la rébellion est du fait de Ouattara qui a insisté auprès de ses parrains pour que Licorne et Onuci non seulement organisent, héliportent, convoient rebelles et mercenaires mais pire, bombardent sans discernement, des camps militaires, des domiciles, des sites stratégiques, des biens de l’état, de nombreux civils, etc. Quelle horreur !

Par ailleurs, pour tromper la sympathie des occidentaux, ses maîtres, Ouattara n’a pas hésité depuis longtemps à dénigrer systématiquement la Côte d’Ivoire : présentation mensongère de GBAGBO le démocrate, comme un dictateur; charniers fictifs dont celui de Yopougon; utilisation tendancieuse de sentiments religieux dans la politique; exploitation non avérée d’enfants esclaves dans les plantations de cacao pour porter un coup d’arrêt à l’économie cacaoyère ivoirienne, pour l’achat frauduleux et à vil prix de ce produit et son exportation par les pays sahéliens dont certains sont devenus grands exportateurs de matières premières agricoles et minières qu’ils ne produisent pas.

Le même Ouattara a fait encore une exploitation mensongère de la notion d’exclusion des nordistes, car depuis Houphouët-Boigny, le Nord de la Côte d’Ivoire fait l’objet d’attention particulière. Ainsi, du temps où l’Etat demandait aux populations du Sud de construire sur fonds propres leurs écoles, celles du Nord étaient prises en charge entièrement par l’Etat et ces populations bénéficiaient de routes, d’adduction en eau potable, d’installation de complexes agro industriels, d’électrification villageoise et de bien d’autres infrastructures de développement. De plus, de nombreuses localités du Nord ont été érigées en chef lieu de sous-préfecture ou de préfecture sans remplir les conditions requises.

Que dire aussi du fallacieux prétexte, sans cesse ressassé de la xénophobie par le camp Ouattara pour salir l’image de ce pays le plus hospitalier au monde qui compte sur son sol, une population comprenant officiellement plus de 30% d’étrangers?

Il est bon de rappeler que l’institution de la carte de séjour est de son fait. Plus grave, les contrôles intempestifs effectués jusque dans les mosquées se sont déroulés sous son autorité de Premier Ministre. Cet homme, manifestant des sentiments injustifiés de frustration et de revanche, est-il digne de confiance, pour conduire ce pays à une véritable réconciliation?

Une analyse de la situation actuelle peut donner des éléments de réponse à cette interrogation. Alors que Ouattara parle de réconciliation, les actes qu’il pose attisent le conflit entre les ivoiriens :
-    emprisonnements arbitraires de GBAGBO et de ses collaborateurs qui constituent la partie adverse avec laquelle il doit se réconcilier ; la réconciliation devient ainsi impossible par manque d’interlocuteurs ;
-    traque continue des opposants et des journalistes; il s’agit de semer la terreur pour imposer les points de vue de son camp et de ses parrains pour une réconciliation forcée et de façade car il est toujours question de défendre l’intérêt de ses parrains africains et français ;
-    blocage des comptes bancaires des opposants ; obstacle supplémentaire à la réconciliation car certaines familles ne peuvent trouver à manger ;
-    exactions  quasi permanentes jusque dans les plus petits villages des régions sud, centre-Ouest et Ouest où GBAGBO est largement majoritaire; et cela avec la complicité et la protection des tenants du pouvoir actuel ;
-    mandats d’arrêt internationaux lancés contre les sympathisants de GBAGBO pour des chefs d’accusation sans fondement ; pourquoi alors inviter les exilés à rentrer au pays si c’est pour les jeter en prison ou les tuer?
-    non respect flagrant des procédures judiciaires; installant ainsi le pays dans un état de non droit ;
-    nominations répondant plus à des critères ethniques que de compétence démontrant ainsi l’exclusion à l’endroit des autres ethnies de Côte d’Ivoire; pourtant Ouattara a combattu une prétendue exclusion des ressortissants du Nord sous les régimes de Bédié et de GBAGBO ;
-    promotion et utilisation des étrangers français et africains de la CEDEAO au détriment des ivoiriens, confirmant ainsi l’ « ivoirophobie»  des tenants du nouveau pouvoir ;
-    justice des « vainqueurs » où les criminels rebelles sont considérés comme des « sauveurs » ; voilà déjà une inversion des responsabilités.

Dans cette atmosphère où des villages entiers continuent d’être incendiés ou rasés par les milices de Ouattara, comment peut-on parler de réconciliation. Quelle réconciliation ! Quand on continue de voir se dérouler sous nos yeux une parodie de justice, une justice assujettie à l’exécutif, aux ordres de Ouattara et de la France, un état de non droit sur fond de sentiments haineux, en un mot une dictature. Une justice partisane par laquelle le nouveau pouvoir démolit des biens immobiliers dans les quartiers et villes favorables à GBAGBO tels que Yopogon, Cocody et bien d’autres villes déjà programmées mais préserve les propriétés des partisans RHDP. Cette dictature d’ADO–solution devenue ADO–démolition est toujours maquillée de justice sans cesse claironnée par les tenants du pouvoir actuel.

Toutes ces graves dérives judiciaires se déroulent sans la moindre réaction des organisations de défense des droits de l’Homme. Quel silence coupable !

Ce conflit tient aussi à la CEI et au contentieux électoral. Comment peut-on prôner la réconciliation quand, à ce jour, le camp Ouattara refuse le recomptage des voix, pourtant ce fut le cas aux USA en 2000 et en Haïti en 2010 pour trouver une solution pacifique aux contentieux électoraux.

Peut-il y avoir réconciliation sans cette vérité des urnes ? La justice doit-elle écarter la vérité qui la renforce, la nourrit et lui est indispensable ?

De plus, avec un contentieux électoral non purgé, la CEI de Ouattara, comme si de rien n’était, veut par un passage en force conduire le peuple aux élections législatives. On en veut pour preuve l’exclusion des représentants de GBAGBO et leur remplacement par des personnes nommées abusivement, en contradiction avec les précédents accords dits de paix. Dans quel accord se trouve la CEI actuelle dominée en très grande partie par le RDR et sa rébellion?

Un autre obstacle est le Président nommé pour diriger la commission, en la personne de Monsieur Charles KONAN BANNY. Pourquoi choisir quelqu’un de si partisan, militant avéré du PDCI et donc du camp Ouattara et qui ne fait aucun effort pour paraître neutre. Dans les conférences internationales et ses rencontres avec les populations, il prend toujours outrancièrement parti pour le camp Ouattara et ne sait faire preuve d’humilité. Comme Premier Ministre imposé par le Président Chirac , il a tellement pris en aversion le Président GBAGBO pour prétendre jouer aujourd’hui le rôle de conciliateur.

De surcroît, ces deux Vice-Présidents seraient tous des religieux partisans du camp Ouattara dont l’un aurait rejoint l’homme du Golf Hôtel après la proclamation officielle des résultats de la présidentielle 2010.
Ces trois hommes, tous du camp Ouattara peuvent-ils amener les ivoiriens à s’entendre ? Et pourtant, il faut tout de même que les fils et filles de ce pays se réconcilient.

2.    Les conditions pour une réconciliation réussie.

Pour donner des chances de réussite à cette commission, il importe de lever tous les obstacles mentionnés ci-dessus, quel qu’en soit le prix et particulièrement, que le Chef de l’Etat actuel montre par des actes concrets sa volonté réelle d’aller à la réconciliation.

Il faut donc libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers politiques et même ceux, faussement accusés de crimes économiques. Il faut aussi débloquer tous les comptes bancaires des partisans de GBAGBO, arrêter les exactions contre les populations et désarmer totalement et définitivement les milices et rebelles de Ouattara. Le Chef de l’Etat actuel, installé par la France dans la violence, a-t-il les coudées franches pour conduire le peuple ivoirien à la réconciliation ? L’expérience passée peut lui être utile.

En effet, il convient de tirer les leçons du précédent dialogue initié, en 2001, par le Président GBAGBO.
Monsieur Seydou Elimane DIARRA, Ex-Premier Ministre de GUEI Robert, membre du PDCI-RDA, parti opposé au Président GBAGBO a été nommé pour diriger le Forum du Dialogue. Le choix du Président GBAGBO s’est porté sur cette personne pour mettre à l’aise ses opposants, les amener à s’exprimer librement afin de parvenir au succès de ce forum. Malgré tout, les tenants du pouvoir actuel n’ont pas trouvé nécessaire, en son temps, de respecter la feuille de route arrêtée par les organisateurs, faisant preuve d’hypocrisie, de mensonge et de mauvaise foi manifeste.

Il faut donc, pour la réussite de cette rencontre démettre la Présidence actuelle et nommer des personnalités neutres, non marquées politiquement et susceptibles de prôner la vérité.

Il est aussi impératif de définir une feuille de route consensuelle et de veiller cette fois à son application stricte. Par ailleurs, le nombre de participants pour les deux parties doit être égal et pour garantir la vérité dans les débats, tous les intervenants doivent prêter serment afin que les contrevenants puissent subir la rigueur de la loi.
Pour préparer cette rencontre, le conciliateur doit inviter le CNRD, le RHDP, des ONG, les chefs traditionnels et les grandes composantes de la société ivoirienne afin de dégager d’un commun accord la matrice et les termes de référence de cette commission.

Une étude exhaustive des sources du conflit ivoirien doit être menée par le comité préparatoire dont les membres doivent provenir à égalité des deux camps. Il s’agit entre autres, de problèmes ethniques et religieux liés aux partis politiques, de terre, de nationalité, d’immigration. Les conclusions doivent être adoptées démocratiquement et s’imposer à tous. Ensuite, les décisions arrêtées à l’issue de cette rencontre doivent régler définitivement les problèmes d’occupation illicite des terrains, des forêts classées, des forêts et plantations villageoises. Il convient aussi de régler de façon définitive les problèmes de naturalisation en rendant plus transparente la démarche administrative d’acquisition de la nationalité et en créant un office de l’immigration pour gérer au mieux les flux migratoires.

Enfin, au cours des travaux de cette commission, devront être identifiés clairement les vrais commanditaires des nombreuses tentatives de coup d’état de 1999 à 2002 et ceux de la rébellion de Septembre 2002.

Au niveau de la CEI, elle doit être composée de façon paritaire des membres des deux camps. De plus, Monsieur BAKAYOKO Youssouf, n’ayant pu faire preuve de rigueur, de sérieux et d’équité dans son travail doit être démis en même temps que tous les mouvements de la rébellion qui est censée ne plus exister car il est clairement établi que les mouvements rebelles ne sont qu’un démembrement du parti de Ouattara. La liste électorale devra être complétée par l’inscription de tous les ivoiriens, en âge de voter. En tout état de cause, une sous-commission de la commission centrale « dialogue, vérité et réconciliation »devra statuer, en accord avec les chefs traditionnels du lieu d’origine des impétrants, sur tous les cas litigieux.

Ainsi donc, pour une réconciliation réussie, il faut veiller à un rééquilibrage de la CEI pour éviter tout autre conflit post-électoral susceptible de conduire à une autre guerre. Cette CEI ne doit plus être l’émanation de partis politiques ni de bandes rebelles encore moins de groupes ethniques comme le montre clairement la nouvelle configuration. Cette recomposition de la CEI confirme que le camp Ouattara n’a pas gagné l’élection présidentielle et qu’il se donne ainsi les moyens d’une fraude massive pour les prochaines échéances électorales. La nouvelle CEI doit être plutôt composée de membres issus de la société civile cooptés pour moitié par chacune des deux parties.

Cette rébellion de 2002, hyper représentée dans la CEI, et qui perdure encore, a besoin de faire preuve de repentance pour ces nombreuses tueries et autres exactions, ces pillages, ces occupations illicites de domiciles, de plantations, de forêts, ces nombreux crimes économiques, etc. Cette repentance doit être manifestée par un désarmement effectif et total ainsi que par la fin des exactions.

Mieux, pour permettre aux participants à cette rencontre de s’exprimer librement, toute l’étendue du territoire doit être débarrassée de toutes les forces militaires étrangères, à savoir Licorne, 43 ème BIMA, Onuci, mercenaires de Ouattara. Ne doivent posséder les armes que les policiers, gendarmes, militaires reconnus comme tels et les autres forces paramilitaires.

La véritable réconciliation ne peut passer sous silence la part primordiale de la France dans ce conflit. L’une des  décisions de cette rencontre devra être l’interdiction de la France de se mêler de nos affaires internes, le retrait de ses troupes dans un bref délai, la mort du Franc CFA et la fin de ses immixtions dans nos groupements politiques et économiques régionaux et internationaux (UEMOA, CEDEAO, UA, etc.).

Pour une réconciliation réussie, peut-on exclure près du million d’ivoiriens réfugiés à l’étranger et des leaders aussi importants que ces prisonniers politiques dont le plus illustre est le Président légal et légitime Laurent GBAGBO, vainqueur de la dernière présidentielle.

C’est dès maintenant et bien avant les élections législatives prochaines qu’il faut les libérer et permettre le retour sans conditions des exilés. Pour leur participation à cette rencontre, il faut régulariser leur situation salariale, avec rappels, comme l’a fait GBAGBO pour les rebelles. La commission devra arrêter aussi des décisions pour le dédommagement des victimes de cette guerre.

La réconciliation ne peut se faire sans pardon, lequel ne peut s’obtenir sans vérité, sans reconnaissance de la faute commise et sans engagement de ne plus commettre les mêmes forfaits. C’est pourquoi, chaque acteur de la société ivoirienne devra demander pardon et aussi pardonner.

Au regard de tout ce qui précède, la réconciliation est impérative pour tous. Aussi pour baisser la tension sociale faite de méfiance généralisée, suite aux actes barbares posés par les rebelles, importe-t-il de préparer minutieusement cette rencontre de réconciliation.

Il est donc urgent pour la prochaine commission « dialogue, vérité, et réconciliation » tant attendue et que veut mettre en œuvre le Chef de l’Etat actuel, de prendre les dispositions indispensables à la réussite de cette opération, afin que le vivre ensemble ne demeure pas seulement comme c’est le cas présentement, un vil et creux slogan de campagne.

La réussite de cette rencontre sera le résultat, de la bonne foi de chacun des participants, de leur sens élevé du patriotisme, de l’humilité et de la vérité avec lesquelles les nouvelles autorités voudront bien rechercher la réconciliation et la paix.

Toutefois, les tenants du pouvoir actuel sont-ils disposés à faire les sacrifices nécessaires pour répondre favorablement aux conditions ci-dessus mentionnées surtout que leurs actes laissent sceptiques bon nombre d’ivoiriens quant à leur désir réel de rechercher une véritable réconciliation ? En effet, à plusieurs reprises, le Chef de l’Etat imposé a toujours semblé se complaire dans des contre-vérités et au lieu du dialogue que recherchait Le Président GBAGBO, a préféré solliciter ses parrains pour l’installer par la force des armes au pouvoir.
C’est pourquoi, on peut affirmer que le désir réel de Ouattara n’est pas d’aller à la réconciliation mais par une convocation du bout des lèvres, de se donner une bonne image à l’étranger et chercher à présenter le camp GBAGBO comme celui qui ne veut pas de la paix.

Il ne s’agit pas d’aller à la réconciliation sans remplir un minimum de conditions. Amener les ivoiriens à s’entendre est une bonne chose mais se donner préalablement les chances de réussir est indispensable.
Ouattara qui dispose aujourd’hui des forces françaises, onusiennes, africaines et rebelles pour conforter son régime dictatorial, sans cesse blanchi par les médias français, pourra-t-il se laisser convaincre de rechercher l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire ?

Avec les conditions actuelles ci-dessus mentionnées et le parfait désaccord entre les membres du RHDP, la « commission dialogue, vérité, et réconciliation » vivement souhaitée par tous, risque fort bien, par la faute des mêmes adeptes de la violence, d’essuyer un échec cuisant, déjà programmé, au détriment de la réconciliation et de la paix tant recherchées par les ivoiriens.

Ce n’est donc pas sous Ouattara, que la véritable réconciliation des ivoiriens se fera. C’est bien dommage !

Une contribution de patriotes seniors

6 septembre 2011 Publié par | Politique | , | Poster un commentaire

Epuration au Palais présidentiel: Ouattara licencie 530 employés


Alassane Ouattara et Guillaume Soro à la présidence de la République.A peine revenu de ses vacances sur les bords de la Seine en France,

qu’Alassane Ouattara a repris sa «politique» de mise au chômage des Ivoiriens. Avec plus 500 employés de la Présidence licenciés aujourd’hui.

Alassane Ouattara ne va pas finir de surprendre les Ivoiriens et même la communauté internationale. Alors qu’il avait promis, en pleine campagne électorale, des milliers d’emplois aux Ivoiriens, maintenant aux affaires après l’intervention militaire de ses amis français, il offre du chômage à ces derniers.

En moins de quatre mois, il aura fortement contribué à la perte de dizaines de milliers d’emplois directs et indirects. La semaine dernière, 142 employés de la présidence à Yamoussoukro avaient été licenciés sans préavis. Aujourd’hui, ce sont 530 agents qui vont grossir les rangs des licenciés de la Présidence. En effet, dans l’après-midi du lundi dernier, les agents de la présidence ont été conviés, sans en être auparavant informés, à une réunion avec Mme Gneba Nadine, Directrice des ressources humaines et des moyens généraux de la présidence, qui avait à ses côtés le Daaf Adjoint et deux inspecteurs.

La désormais patronne du personnel a signifié aux agents le licenciement dès ce mercredi (aujourd’hui, ndlr) de 530 employés du Palais. Motif invoqué, la restructuration de la présidence de la République. Et plus grave, comme si la présidence était devenue un vulgaire marché ou encore un centre d’examen et concours, les noms des malheureux élus au chômage vont être affichés sur des tableaux. «En plus du chômage qu’ils nous offre, ils ont décidé de nous humilier. Alors qu’on aurait pu informer les concernés par courrier, comme dans le cas d’un Etat de droit», a laissé entendre un agent de la présidence, joint au téléphone.

Un véritable coup de massue sur la tête de ces employés de la présidence, à peine sortis d’une crise qui a gravement affecté la vie des Ivoiriens. Les employés de la présidence de la République basés à Yamoussoukro n’ont eu en tout et pour tout que trois mois d’arriérés de salaire pour les plus chanceux, à la place de leurs droits qu’avait promis de payer Mme Gnéba. En une semaine, Ouattara a fait licencier près de 700 agents de la présidence de la République (142 agents le jeudi dernier et 530 autres dès aujourd’hui). Sur 1002 agents de la présidence, plus des 2/3 de l’effectif sont désormais des néo-déflatés.

Avant ces licenciements en cascade, c’étaient d’abord, en juin-juillet dernier, plus de 400 employés, notamment des conseillers spéciaux et techniques; chargés de mission et chargés d’étude qui – sans ménagement – après plus d’une vingtaine d’années de service pour certains, ont été mis à la porte. Avec à la clé pas le moindre kopeck pour la plupart
Le Nouveau Courrier

1 septembre 2011 Publié par | Politique | , , | Poster un commentaire

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