Attaque du camp de réfugiés de Duékoué, Justice, impunité… Doudou Diène de l’Onu en colère
ATTAQUE DU 17 AU 18 JUIN À DUÉKOUÉ : DE NOUVELLES RÉVÉLATIONS ! RETOUR SUR LES FAITS…
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MASSACRE DE DUEKOUE, UNIVERSITÉ, PROCÈS DE GBAGBO, FRANCE: L’ONCLE DE OUATTARA SE DÉCHAÎNE!
par Le Temps
Abou Cissé, l’oncle de Ouattara a décidé de rompre le silence pour dire ses vérités, comme il sait le faire. Une interview vérité.
Que pensez-vous des évènements de Duékoué ?
Je pense que c’est l’une des plus graves tragédies qu’un pays qui se dit démocratique enregistre. Les mots me manquent. Sans aller là bas, les mots me manquent pour dire que cette tragédie qui s’est produite est plutôt inacceptable.
Pour vous, qu’est-ce qui peut expliquer cela ?
Je pense que c’est la méconnaissance du peuple Ivoirien. Si Alassane connaissait la Côte d’ivoire, ce drame ne pouvait pas se produire. Du Président Houphouët jusqu’à Gbagbo aucun chef d’Etat de ce pays, n’a pu faire ça. Je pense qu’au delà de l’appréciation individuelle, il faut maintenant aller vers une appréciation internationale de ce drame. Parce que je suis sûr que ces genres de crimes ne vont pas s’arrêter-là, s’il n’y a pas une réponse adéquate. Il faut s’attendre à d’autres crimes. Et si les pays occidentaux qui condamnaient aussi rapidement au moment où Gbagbo était là ne se lèvent pas aussitôt pour réagir, nous allons nous trouver en face d’un génocide qui ne dit pas son nom. Et là, on dira que c’est l’Occident qui a occasionné çà. Parce que ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire est un génocide du peuple Wê qui est en train de se produire.
Le pouvoir dit pourtant qu’il y avait des miliciens sur le site ?
Un criminel donne toujours ses raisons. Je pense qu’un milicien ne peut pas se permettre d’aller se mettre parmi une population, qui plus est, vit sur un site gardé par des soldats de l’Onuci. Qu’est-ce qu’il va défendre là-bas ? Je pense qu’il faut savoir raison gardée. Je pense qu’Alassane Ouattara ne connaît pas les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire. Il ne maîtrise pas justement les fondements de la culture ivoirienne. La culture ivoirienne est une symbiose entre les différentes ethnies de plusieurs régions. Je ne pense pas que ces miliciens qu’on voit partout, puissent accepter pendant qu’ils sont dans le viseur du régime, se mettre parmi des populations en pleine ville, pour préparer des complots contre le pouvoir.
Selon vous, qu’est-ce qui a bien pu se passer, parce que le site est gardé par les soldats de l’Onuci ?
Il y a eu une connivence qui est claire. Je pense qu’autant l’onuci ne connaît pas la Côte d’Ivoire, autant le président Alassane ne connaît pas la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, je disais tantôt qu’il faut que la Communauté internationale se saisisse du dossier, l’épluche davantage pour que d’autres crimes que le pouvoir s’apprête à préparer ne se commettent pas dans cette région.
Le pouvoir accuse pourtant l’opposition d’attiser le feu à l’ouest.
Vous savez, il n’y a pas de fumée sans feu. Avec cette tragédie qui se produit à l’ouest, le pouvoir ne pouvait qu’accuser l’opposition. Et l’opposition aussi ne peut qu’accuser le pouvoir. Mais en fait, entre celui qui tient le fusil, celui qui a la main sur le bout du fusil, et celui qui a la main sur la gâchette, qui peuton accuser de criminel ? Aujourd’hui, c’est le pouvoir qui a la main sur la gâchette. C’est le pouvoir qui tire, qui tue. Nous avons eu des informations émanant de là bas. Des Malinkés et plusieurs autres ressortissants du nord qui ont vécu la scène nous ont expliqué ce qui s’est réellement passé. Ils nous expliqué comment tout s’est passé. Nous avons eu des informations.
Et quelles sont ces informations ?
Des informations disant qu’ils ont tué. Et après ils ont jeté des corps dans des puits. Ils ont fait tout ce que vous pensez d’inimaginable. Ce qui prouve que c’est le pouvoir. C’est pour rien qu’il accuse l’opposition. Ce n’est pas elle qui a tué. Que le pouvoir n’attise pas la haine entre les différentes ethnies. Parce qu’aujourd’hui, ce qu’on voit n’est rien d’autre que les conséquences de la haine que le pouvoir attise. Et au lieu de contribuer à créer les conditions de la paix, le pouvoir est en train de créer les conditions d’une guerre civile qui ne dit pas son nom.
Avez-vous les preuves que le pouvoir s’apprête à commettre d’autres crimes dans la région de l’ouest ?
Vous savez, quand on dit preuves, souvent la loi dit qu’il faut avoir des éléments tangibles, palpables. Or, vous savez que les langues se délient souvent pour dire certaines choses. Quand on dit que le pouvoir dit «comme çà», et l’autre dit «ceci», nous, on fait la synthèse de ce que nous avons comme informations. C’est-à-dire, ce que nous avons reçu. Voilà ce qui s’est passé. En faisant nos recoupements, nous pensons que d’autres camps, d’autres attroupements qui se font là bas vont avoir encore des visites de ce genre. Et ceux qui là-bas à l’ouest ne sont pas prêts à partir, dans la mesure où il semble qu’ils ont intérêt en attisant la haine tribale dans cette zone. Je vais vous dire une chose. Ces hommes qui ont fait la guerre pour Alassane attendent leurs salaires. Ils attendent les 5 millions qu’il leur promis à chacun d’entre eux. Et tant que ce n’est pas fait, ils sont prêts à commettre ces crimes, au nom du pouvoir qu’on le veuille ou non. Et puis, là aussi, çà les arrange d’éliminer certaines personnes qu’ils trouvent gênantes. Pour le faire on envoie des Dozos et autres Frci et on dit «Ah, ce sont les miliciens qui étaient làbas ».
Et pourtant le régime et l’Onuci jettent la pierre
Le pouvoir a accusé l’Onuci, et l’Onuci à son tour accuse le pouvoir. Mais ce qui est certain, c’est qu’on tue des gens. Les responsables, ce sont l’Onuci et le pouvoir. Parce que si on ne tuait pas des gens, et ils s’accusaient pour des problèmes administratifs, là il n’y avait pas de problèmes. Mais On tue les gens, il est facile de s’accuser facilement. Ce qui est sûr et certain, il y a une connivence, il y a un laisser-aller de la part du pouvoir et de l’Onuci. Je crois qu’aujourd’hui, le pouvoir est en train d’engager des jeunes gens encore pour les envoyer là bas. Selon eux, c’est pour mettre de l’ordre là-bas. Mais nous disons, que cette situation n’est pas faite pour s’éterniser.
Le pouvoir annonce des enquêtes pour situer les responsabilités.
Vous savez, on ne peut pas être juge et partie. Il est très facile de mener une enquête. Mais je pense que face à une telle tragédie, c’est une enquête internationale qu’il faut. Il faut une enquête internationale pour expliquer ce qui s’est réellement passé. Il faut qu’en même qu’on nous restitue notre sens du respect de la vie humaine. On tue 300 personnes et on dit qu’on mène des enquêtes. Mais on devait depuis longtemps, mener des enquêtes pour savoir si ces gens se sentaient en sécurité. On ne fait pas le médecin après la mort.
On met des intellectuels, des universitaires en prison, pendant ce temps, les vrais génocidaires se promènent et on leur déroule le tapis rouge…
Je vais vous dire une chose. C’est facile en politique, d’accuser quelqu’un. Mais en fait, entre un jugement politique et un jugement réel, il faut croire que le jugement politique n’a souvent pas de sens. tous ceux qui sont en prison aujourd’hui ne le méritent pas. Si tant est que la justice est rétablie et elle est crédible en Côte d’Ivoire, je pense que ceux qui doivent être jugés, sont ceux là qui se pavanent dehors aujourd’hui et qui continuent de narguer le bon sens. Et ce sont eux qui continuent de tuer les gens, alors que la guerre est finie. Combien de gens meurent tous les jours. Combien de gens sont tués pas les Frci. Alors que les gens qu’on accuse de génocide n’ont même pas tué une mouche. Des universitaires tels que Aké n’Gbo, Aboudramane Sangaré qui est reconnu comme un éminent juriste, il y a aussi le grand banquier Dakoury… ce sont des gens qui ne méritent pas d’être là. On ne fait pas la politique pour aller en prison. On la fait pour servir la nation.
On les accuse de génocide, d’atteinte à la sûreté nationale, de crimes économiques….
Vous savez, ceux qui ont détourné des biens de l’Etat sont connus aujourd’hui dans cette Côte d’Ivoire. Je ne pense qu’un homme comme Aké n’Gbo qui a été Premier ministre pas plus longtemps peut commettre autant de crimes. Comme on le voit aujourd’hui. Le régime actuel a fait seulement un an quelques jours. Chaque citoyen ivoirien compte aujourd’hui le nombre de morts. En un an de gestion de pouvoir de Alassane, la Côte d’Ivoire connaît plus de crimes qu’en dix ans de gestion de Laurent Gbagbo. Gbagbo n’a pas tué des innocents, encore moins une ethnie. Il n’a pas aussi envoyé des miliciens pour tuer un peuple, une population innocente. Il n’a pas fait de camp de refugiés quelque la part. En son temps, on n’a jamais vu de camp de refugiés qu’il a provoqué. Je pense qu’il faut faire part des choses. A la vérité, nous nous trouvons dans une situation où tout le monde est prisonnier. A tout moment, on peut tuer n’importe qui, à n’importe quel moment. On peut dire que vous avez des fusils, vous êtes prêts à faire des coups d’Etat et vous jetez en prison pour rien. Quand je prends le cas de Ousmane Sy Savané le Dg du groupe Cyclone, il est en prison pour rien. Qu’est-ce qu’un le fils de marabout va faire avec un fusil. Est-ce qu’il a de l’argent pour s’acheter un pistolet. Eux aujourd’hui, ils ont de l’argent. Je pense qu’à la vérité, nous nous trouvons dans un Etat sans droit, personne n’est en sécurité aujourd’hui. Tout le monde doit craindre aujourd’hui qu’à tout moment, on peut tuer et il n’y a rien. Votre tueur ne sera jamais inquiété.
Mais le pouvoir dit pourtant que la démocratie et l’Etat de droit sont en marche.
La démocratie telle que le pouvoir la voit plutôt, en tuant tout ce qui passe devant lui. Mais qui dit que la démocratie, c’est faire tuer ceux qui s’opposent à lui. Je pense qu’il y a de multiples leçons à tirer de ses multiples voyages à l’étranger. C’est qu’il n’y a pas de démocratie en Côte d’Ivoire. nous vivons une dictature. Il veut montrer au monde qu’il y a la paix en Côte d’Ivoire et que les citoyens ivoiriens le soutiennent. Ce qui est faux. Ce que nous vivons ici, ce n’est pas de la paix. C’est l’installation de la haine. Le pouvoir provoque la division des Ivoiriens. Il peut à tout moment, avoir une révolte généralisée qui va embraser le pays. Il faut qu’il (Alassane) arrête de dire que les Ivoiriens dans leur ensemble soutiennent ses dérapages. Car ce n’est pas possible.
Mais qu’est ce qui vous fait dire cela ?
Vous savez, autant Alassane Ouattara a ses rentrées en Occident, autant nous avons aussi des entrées là-bas. Nous ne sommes pas des analphabètes. nous ne recevons les mêmes informations que lui. Il est entouré des gens qui lui mentent. Ils lui disent qu’il est populaire, qu’il a la situation en main. Nous avons aussi des informations que nous recevons des quatre coins de la Côte d’ivoire, de l’Europe, des Usa et de la France. Ce qui s’est passé à l’Elysée n’est pas bon pour la Côte d’Ivoire. Un Président de ce pays n’a pas besoin de passer par la petite porte pour aller voir un chef d’Etat français. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de çà. Tous les chefs d’Etat ivoiriens arrivent toujours à l’Elysée par la grande porte. Ce n’est pas ce qui s’est passé quand Sarkozy était là. Nous avons assisté plutôt à une honte pour la Côte d’Ivoire. Parce que nous sommes inquiets de l’avenir de la Côte d’Ivoire, parce qu’ici, nous jurions plutôt avec les emprisonnements des militants de l’opposition. Et c’est ce qu’on lui a dit. On lui a demandé de libérer les prisonniers politiques. Le prix de la paix, c’est la libération de tous les prisonniers politiques. Accepter les contradictions. La démocratie, ce n’est pas d’emprisonner les gens. Ce n’est pas la culture de la haine. Je vois Venance Konan qui avait l’écriture très facile pour vilipender la République son Gbagbo, son pays, et qui aujourd’hui, face aux tueries à l’ouest, n’a plus l’inspiration pour dire «çà au moins, c’est mauvais». Les crimes de l’ouest doivent être punis.
Partout Ouattara où est passé à l’Etranger, il a été hué. Quel commentaire faites-vous ?
Ceci dénote de ce que je dis depuis que j’interviens dans la presse. Parce qu’avant de se lever, il faut regarder la chaise sur laquelle on s’est levé. On ne se lève pas d’une chaise comme çà. Je pense que le fait que les Ivoiriens et l’Afrique entière se lèvent, montre que la Côte d’ivoire est en train de tomber dans une dictature sans nom. Il semble qu’aujourd’hui et les Français disent que la Côte d’ivoire qui est le centre des affaires est en train de tomber dans une sorte d’aliénation au colonialisme. La Côte d’Ivoire est en train d’accepter aujourd’hui la colonisation comme forme de développement. Alors que nous nous sommes battus pendant 50 ans, voire 60 ans et plus pour que les colonisateurs nous laissent libres pour nous développer. Les Européens constatent que ce n’est plus la Côte d’Ivoire qu’ils ont connue. Bon nombre de concitoyens africains sont passés par ce pays avant d’aller en Occident. Mais aujourd’hui, il semble que ce n’est plus la même Côte d’Ivoire. Et le président qui est là est en train de s’aliéner, non pas à la cause de Hollande, mais à une cause qui n’existe plus.
Vous parlez de recolonisation, mais le pouvoir parle plutôt de réalisme ?
Mais si le réalisme n’est pas perçu comme la vérité démocratique, il est bien clair qu’il a sa réalité. Sa réalité c’est de tuer des gens, emprisonner des journalistes, emprisonner des jeunes comme les Savané, des hommes politiques. Là c’est sa réalité. Depuis plus d’un an, nous vivons une réalité. Si eux, ils considèrent cette réalité comme la démocratie, nous, nous vivons une dictature. La dictature est une réalité. La démocratie est par contre une réalité vraie, acceptée de tout le monde. Aujourd’hui, les trois quarts des Ivoiriens refusent cette réalité. C’est çà qui est la réalité. Les trois quarts ne veulent pas de cette situation que nous vivons.
Des cadres du Rdr soutiennent que Ouattara ne peut pas tenir une opposition face à Affi, Simone…
Mais c’est tout à fait logique. Parce qu’il a été imposé. Je pense que Hollande a dû lui dire cela. Les dossiers secrets sont là bas. Et une opposition forte avec la force du Fpi, ce pouvoir là ne peut pas tenir le coup. Le Fpi, n’est pas seulement Gbagbo, c’est l’organisation qu’il a mise sur pied sur toute l’étendue du territoire national, alors que le Rdr n’est pas organisé. C’est un parti de copains, d’amis. Je suis du Rdr, j’ai été à la base de la création de ce parti. Je connais ceux qui entourent Alassane. Je sais ce qu’ils lui disent. Personne ne doit le contredire, ne doit dire attention tu fais des erreurs. Et quiconque se lève pour lui dire ça n’est pas bon au Rdr. Il n’est jamais méchant. C’est ce qu’il veut entendre. Alors que ces gens là sont en train de le mettre dans un trou. D’autres pensent déjà pensent comment il va tomber. Ils pensent à sa succession. C’est ce qui se passe dans les couloirs du palais. Alassane est en train de tomber pour faire place à d’autres personnes. Il y a les Amadou Soumahoro, Hamed Bakayoko…. Au niveau du Rdr, ils ne voient plus Alassane comme le Président de la Côte d’Ivoire, parce qu’ils sont en train de le mettre dans un trou. Et il ne peut pas échapper à cela.
Comment vous voyez aujourd’hui l’augmentation des frais d’inscription à l’université ?
C’est parce qu’il ne connaît pas la réalité. Il ne sait pas que le peuple ivoirien est aujourd’hui pauvre. Allez-y voir à l’université, on est en train de faire des peintures partout comme si le Bon Dieu allait venir. Mais en fait, il n’y a pas de politique de développement pour permettre au citoyen ivoirien un gain en plus. Comment comprendre qu’un Président qui sait que la Côte d’Ivoire est dans une crise grave peut se permettre d’augmenter le prix d’inscriptions à l’université. On prend la mesure à 100.000 Fcfa, aujourd’hui. Ce libéralisme là ne correspond pas à la Côte d’Ivoire. Pour lui, l’université doit donc appartenir à une certaine élite. Aucun pays africain, n’a un tel prix pour l’inscription à l’université. Quel enseignement nous allons avoir. Allons nous avoir des élites après avoir payé les 100.000Fcfa, ou qu’est-ce que nous allons avoir. Je vais vous dire quelque chose. Le pouvoir est en train de construire les éléments qui vont amener à sa chute. L’augmentation des frais d’inscriptions à l’université, la guerre contre les syndicats, la guerre contre les journalistes, tout cet ensemble de choses constituent aujourd’hui la bombe qui va éclater d’un moment à l’autre. Ce n’est pas le Fpi qui sera impliqué dans cette affaire. C’est l’ensemble des Ivoiriens qui va se sentir concerné pour se soulever contre ce régime. Parce qu’à un tel moment, un pouvoir qui nous a mis dans la souffrance puisse nous dire de payer 100.000 Fcfa pour aller à l’université. Je pense que c’est pour arranger les universités privées que chacun des ministres a construit. C’est pour chercher des gens pour aller dans ces universités là. Maintenant, s’ils ne veulent pas qu’il y ait des universités publiques, qu’on nous dise carrément.
Comment vous appréhendez le 13 août ?
Je suis serein. Parce que c’est cet homme qui est dans la vérité. Le mensonge qu’ils ont servi est en train de se déballer. Parce que j’y crois. La vérité éclatera. Çà, s’éclate comment. Je vais partout, j’entends partout, je vais dans tous les quartiers, j’entends par exemple au Black-market, le 13 août ce sont ces gens qui vont dire «Alassane tu nous as menti». Et le faire revenir sur terre. Le 13 août, ça va être une population qui va dire «Gbagbo tu avais raison». Parce que Gbagbo avait raison quelque part, même si on peut lui reprocher quelque chose. Il était avec le peuple. Il sentait le peuple. Comment comprendre qu’au moins 200 personnes sont tuées, qu’un Président de la République, responsable de tous les Ivoiriens, n’écourte pas son séjour en Europe pour venir compatir, attendrir les cœurs. Quelles que soient nos différences, nous restons tous les mêmes. Ça choqué même les Européens, çà choqué même Obama qui par un coup de fusil fait par un individu, qui a coûté la vie à neuf personnes, a écourté sa campagne électorale, pour aller saluer la mémoire des victimes. C’est le lieu de dire qu’il faut qu’Alassane, intègre la Côte d’Ivoire, qu’il comprenne la Côte d’Ivoire. Il faut qu’il se dise que même un Américain, ne peut pas faire ce qu’il est en train de faire. On ne peut pas développer un pays en mettant un an à arrêter les gens, à les mettre en prison. Combien de temps cela va prendre. On ne peut passer tout le temps à faire cela. Le développement, c’est de libérer les gens. C’est de construire un Etat avec la libre expression. Mais si nous passons notre temps à arrêter les gens, à les empêcher de parler, à arrêter les propriétaires de journaux, à badigeonner des maisons pour dire qu’on travaille, rien ne pourra marcher. Je pense que les pays qu’il a visités ne se sont pas développés comme cela. Je pense que s’il voyage, il doit comprendre qu’il doit changer tout en Côte d’Ivoire. Son équipe ministérielle le conduit dans l’enfer. Et gare à lui qu’il fasse attention à ce qui va se passer. Le Fpi est aujourd’hui petit par rapport à la haine, à la souffrance que subissent les Ivoiriens. Il y a aujourd’hui, un parti qu’on appelle le parti de la société civile, la vraie, qui pense. Ce n’est pas en allant en Israël, en Angleterre, pour demander à avoir des armes qu’il va faire peur au citoyen que nous sommes aujourd’hui. Il y a un état d’insécurité totale, un état incroyable qui met les Ivoiriens en colère contre les religieux qui n’existent que de nom. C’est pour cette raison que le 13 août, nous citoyens lambda que nous sommes, que Gbagbo soit acquitté ou pas, la Côte d’ivoire doit se sentir libre. Parce que l’image que Gbagbo a lancée au monde entier fait de la Côte d’Ivoire est un champ de bataille pour la démocratie. A travers lui, les grands doivent savoir qu’il faut installer des hommes pour la démocratie. Et ce n’est pas Alassane. nous sommes pressés que Gbagbo soit libéré et de cette libération, va dépendre la paix en Côte d’Ivoire. Et je pense que les Banny qui sont là en train de tournoyer doivent comprendre qu’ils n’ont rien à faire. La paix qu’est en train de faire Alassane est une paix de famille. Il a mis toute sa famille à côté de lui pour diriger la Côte d’Ivoire. Le Premier ministre, c’est son frère cadet, Ahoussou Jeannot c’est une abeille qu’on peut tuer à tout moment, les autres comme le ministre des infrastructures économiques, est au garage. Il ne fait que nettoyer. Ce n’est pas un gouvernement de travail que nous avons. C’est un gouvernement de petits copains pour satisfaire le Président. Lui dire tous les matins «tu es beau, tu es le plus intelligent, tu es grand. Tu peux nous envoyer de l’argent». Ça, ce n’est pas un gouvernement qui peut nous faire développer la Côte d’Ivoire.
Interview réalisée par : Yacouba Gbané & Guéhi Brence
Après le massacre de Duékoué : Le pouvoir panique, menace et s’enfonce
Source : Le Temps
Plongé dans ses contradictions après le massacre de Duékoué, le gouvernement ne fait que s’enfoncer dans des déclarations qui dévoilent en fait, son vrai visage. En mars 2011, Losseni Fofana et ses hommes ont fait plus de 800 morts en une journée dans la ville de Duékoué. Plus d’un an après ce drame, ce sont encore les Dozos que ces mêmes chefs de guerre ont déversé dans la région de l’ouest qui ont fait plus de 200 morts à Duékoué dans la journée du vendredi 20 juillet 2012. Une boucherie que condamnerait en principe, tout gouvernement qui se veut responsable. Car le summum de l’animalisation de la Côte d’ivoire atteint les limites du tolérable. Un an après la crise postélectorale, rien ne peut encore justifier de tels crimes. Mais le pouvoir rongé par une grande haine de tout ce qui sent Gbagbo, entretient à dessein, l’Etat de belligérance, pour maintenir les ivoiriens dans un climat de terreur. Après le massacre du vendredi dernier, c’est le capitaine Allah Rémi, porte-parole du ministère de la Défense qui est le premier, monté au créneau pour cautionner ouvertement ce génocide du peuple Wê. Voici sa déclaration qui appelle des questions. «Dans la nuit du 19 au 20 juillet 2012, aux environs de 4 heures, quatre individus armés de kalachnikovs ont fait irruption au quartier Kokoman de Duékoué où ils ont abattu quatre personnes, une cinquième grièvement atteinte a succombé à ses blessures. Poursuivis par les habitants du quartier, les criminels se sont réfugiés au camp des déplacés… ». Ainsi parle le porte-parole de l’armée de Ouattara. Allah Rémi est passé sur les écrans de la Rtitci, 24h après, pour reprendre la version que les Dozos, les auteurs de ce massacre ont servi sur place à Duékoué. Mais on se demande bien quelle est cette population brave qui à 4h du matin, poursuit des bandits qui avec des armes de guerre, viennent pourtant de tuer 4 personnes ? Alors que durant cette crise, tout le monde a vu qu’au moindre coup de fusil, chacun se barricade chez lui. Pour le moment, il n’y a que le capitaine Allah Rémi qui a lui seul, cette version des faits. Car même les Dozos avec qui ce massacre a été planifié, ne l’ont pas encore dit. Mais bien plus grave, ce camp de déplacés est soumis à des règles drastiques, comme tous les autres camps de réfugiés qui sont gérés par l’Onu dans le monde. D’abord personne n’y rentre et n’y sort à partir de 21h, à part les cas graves de maladies. En plus, toutes les tentes sont numérotées. Et chaque numéro correspond à une famille. Le camp entouré d’une clôture de 3m de haut dispose aussi d’une seule entrée qui est minutieusement fouillée. «Nous fouillons tout ce qui rentre dans ce camp. Nous prenons le nom du visiteur, nous mentionnons dans notre registre le nom de celui qu’il va voir», explique l’un des vigiles qui avec la force onusienne, garde ce site. Ce qui montre clairement que ce camp ne saurait abriter des miliciens en armes. L’Onuci qui a combattu Gbagbo avec tous les moyens, ne saurait s’inscrire dans une logique complètement absurde, en hébergeant des miliciens «qui préparent pourtant une guerre contre le pouvoir Ouattara». Visiblement très mal à l’aise, l’envoyé du pouvoir qui récitait la mauvaise leçon, ne s’est pas empêché de minimiser cette tragédie en ne parlant que 11 morts, là où on annonce plus de 200 morts. Allah Rémi remplit en plus la coupe en ajoutant que des armes de guerre ont été découvertes sur le site. «Par ailleurs, dit-il, au cours de ses recherches sur le site détruit des déplacés, la gendarmerie a découvert deux armes de guerre de type AK 47, un pistolet artisanal, et des munitions de toutes sortes, dont des grenades offensives et défensives ». La Côte d’ivoire attend que le capitaine Allah présente ces armes qui ont été retrouvées sur ce site. La question qu’on se pose est de savoir pourquoi le gouvernement qui prétend que ce site abritait des miliciens armés, n’a pas envoyé la gendarmerie ou la police pour perquisitionner toutes les tentes ? Puisque c’est de cette manière que ces questions sont réglées dans un Etat responsable et qui se fait respecter. Le pouvoir atteint d’une phobie de tout ce qui touche au droit, a préféré envoyé des Dozos et des badauds drogués pour bruler et tuer sur ce site. Depuis, les quelques rescapés qui ont eu la chance d’échapper à la colère des Dozos et des Frci, vivent dans le dénouement et dans un état de déshumanisation totale. Et dans l’indifférence du pouvoir qui ne fait que des promesses à des gens qui sont pourtant dans l’urgence. Le communiqué du gouvernement publié le lundi 24 juillet 2012 le montre clairement. «Le gouvernement enverra dans les prochains jours, plusieurs délégations ministérielles dans l’Ouest du pays, avec la mission, (…) d’apporter aux populations meurtries, sa compassion et son soutien». Rien n’est précis sur la date. Alors que sur le terrain, le nombre de morts ne fait qu’augmenter. Un gouvernement soucieux du bien être de ses populations aurait déjà le même jour, envoyé plusieurs délégations sur le terrain pour s’enquérir de l’ampleur de la tragédie. On se rappelle que durant son mandat, des populations ont été empoisonnées avec de la bouillie dans un village de Yamoussoukro. Le Président Gbagbo s’y est immédiatement rendu pour apporter sa compassion et son soutien à ces victimes. Alors qu’il est su de tous que la région de Yamoussoukro lui est traditionnellement opposée. Mais le Président Gbagbo est un chef. Et Ouattara ne sera jamais Gbagbo. Acculé dans cette barbarie qui ne se justifie pas, le gouvernement donne dans des menaces qui l’enfoncent d’ailleurs davantage. Lisez plutôt le communiqué de Ahoussou jeannot. «Le gouvernement met en garde tous ceux qui, profitant de l’émoi des populations face à de tels actes de barbarie, font une exploitation inappropriée des évènements survenus… ». Ouattara voudrait-il que la Côte d’ivoire l’applaudisse après ce qui s’est passé à Duékoué ? On ose croire à une maladresse de Ahoussou jeannot. Mais c’est aussi la preuve que ce qui s’est passé à Duékoué est un coup monté et planifié depuis Abidjan.
Guehi Brence
Massacre de Nahibly à Duekoué: Le FPI catégorique. Ouattara est le coupable
Le 26 juillet 2012 par IVOIREBUSINESS – Texte intégral du point de presse du FPI du 25 Juillet 2012
Mesdames et messieurs les journalistes de tous les médias de la presse nationale et internationale.
La Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, vit une tragédie sans fin marquée par des exécutions de populations dont la dernière a eu lieu le vendredi 20juillet 2012 à Duékoué. Le drame que vit Duékoué mérite l’interpellation de la communauté nationale et internationale pour que des mesures appropriées soient prises pour mettre fin aux traumatismes des Ivoiriens.
Il y a peu plus d’un mois, précisément le 15 juin 2012, le Front Populaire Ivoirien vous conviait à une conférence de presse, en ces mêmes lieux, pour vous informer et attirer votre attention sur les massacres des autochtones Wê perpétrés dans l’Ouest de notre pays par les FRCI l’armée privée de M. Alassane Ouattara.
Avant la présentation des nouveaux faits, leur analyse, et les dispositions qu’exige cette situation d’une extrême gravité, il importe de rappeler dès l’abord, le contexte socio économique dramatique ivoirien que nous soulignions à notre conférence de presse du 15 juin dernier.
1. La vérité sur la réalité à l’ouest : massacrer tous les Wê et vider cette zone des planteurs ivoiriens
La mainmise des multinationales du négoce sur le cacao ivoirien, qui est l’un des fondements de la guerre faite à notre pays, passe par l’expropriation des planteurs nationaux (wê, baoulé). Cela au profit de colons étrangers burkinabé, malien plus malléables qui exerceront comme des ouvriers agricoles dans les plantations industrielles des multinationales à créer.
Ce qui se passe à l’Ouest est une terreur orchestrée par le pouvoir pour accélérer l’expropriation des paysans autochtones dont déjà des milliers d’entre eux ont été froidement exécutés ou se sont exilés. Les maîtres d’œuvre de cette sale besogne au profit du pouvoir et de la colonisation des terres de l’Ouest sont connus de l’ONUCI et des FRCI. Leur chef de file Amadé Ouremi qui a participé à la guerre pour la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, contrôle au vu et au su des nouvelles autorités toute la région ouest, à la tête d’une armée très lourdement équipée. Ils sont au total sept chefs de guerre burkinabé portant des tenues militaires estampillées FRCI, en liaison avec des supplétifs Dozos vivant de prébendes, rançonnant les populations, s’adonnant quotidiennement à des actes de brigandages, coupures de routes, vols à mains armées, assassinats…
Le président de la République, Alassane Ouattara dont la promptitude est devenue légendaire dans la persécution, les accusations fantaisistes, extraditions et détentions extra judiciaires des pro Gbagbo, s’avoue curieusement incapable de faire la différence entre un vrai et un faux FRCI.
De même, le secrétaire général par intérim de son parti le RDR, Amadou Soumahoro qui nous a si funestement habitués à ses surenchères totalitaires avec ses discours ethnocidaires et fpicides, se mure dans un silence, satisfait certainement de pouvoir alimenter les cimetières promis aux pro Gbagbo pendant que son patron poursuit allégrement son séjour à l’étranger.
Ces aveux d’impuissance et/ou de complicité font de M. Alassane Ouattara, en plus de tous les massacres qui ont jalonné sa course au pouvoir, le coupable de tous les crimes commis contre les citoyens de tous ordres de notre pays depuis son accession au pouvoir d’Etat, dans le bain de sang que l’on sait.
Et le récent drame de Duékoué porte tout autant la marque de sa pleine et entière responsabilité.
2. Le drame de Duékoué : les faits, et les responsabilités
Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi du 20 juillet 2012, le quartier Kokoma, sécurisé en permanence par les FRCI et les dozos a été agressé par des hommes armés non identifiés. Cela a occasionné la mort de quatre (04) personnes identifiées, dès le lever du jour, comme des membres de la communauté malinké majoritaire dans ce quartier.
Sans aucune forme de procès, des pensionnaires du camp de refugiés de Nahibly sont accusés d’être les auteurs de ces tueries. S’en suit alors une expédition punitive des FRCI et des dozos appuyés par des centaines de personnes armées (armes de guerre, armes blanches, bidons remplis d’essence, allumettes, etc.). Sur les lieux, une colonne de FRCI, de dozos encercle le camp des réfugiés, tandis qu’une autre colonne y pénètre. Le camp est mis à feu, les occupants tués à vue, ceux qui voulaient fuir sont rattrapés et exécutés soit brûlés vifs. L’on assiste alors à un véritable massacre des femmes, enfants et vieillards, jeunes gens et jeunes filles.
Cette tuerie massive commencée dès neuf (09) heures du matin, s’est poursuivie jusqu’à 16 heures sous le regard et donc la présence des autorités administratives dont le préfet Monsieur Effoli Benjamin, des agents de police et de gendarmerie médusés, écœurés, mais impuissants car dépourvus du minimum de moyens d’intervention. Pis, le détachement des forces de l’ONUCI, posté depuis toujours devant ce camp assiste impassiblement à cette barbarie digne de l’Inquisition (tribunal chargé de réprimer les hérétiques).
Le forfait accompli, les acteurs paradent dans la ville avec les armes en signe de victoire entonnant des chants guerriers et vantant leurs prouesses. A ce jour, le camp de Nahibly est détruit, incendié, ses locataires massacrés, les plus chanceux sont soit blessés, soit contraints à se cacher en brousse où des patrouilles de FRCI/dozos sont à leurs trousses.
Le bilan provisoire indique 211 morts (sources diverses concordantes), une centaine de blessés et des centaines de personnes disparues.
Suite à ce massacre à grande échelle, le Gouvernement Ouattara, dans une mise en scène ignoble et coupable parle de six (06) morts et de quelques blessés.
Il organise un reportage télévisé visant à minimiser l’ampleur du drame qu’il qualifie de difficultés humanitaires à la place de tueries massives.
Face à ces faits d’une extrême gravité, les autorités nationales et l’ONUCI complices dans le drame ivoirien, n’ont trouvé rien de mieux que de se jeter mutuellement la responsabilité dans un jeu macabre de ping pong.
Alors que le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi déclarait sur les antennes de la RTI « le camp de Nahibly était gardé depuis sa création par les casques bleus de l’ONUCI », Arnauld Akodjenou le numéro 2 de l’ONUCI affirmait pour sa part que « la responsabilité primaire pour la sécurité du camp en incombait aux autorité ivoiriennes. Cela avait été arrêté lors de l’établissement du camp. A aucun moment la sécurité du camp n’a été sous la responsabilité de l’ONUCI ».
Face à la flagrance des faits qui les accablent tous, ils n’ont pas cette fois entonné en chœur leur sempiternelle litanie coup d’étatienne, mais certains thuriféraires du régime que ne visitent jamais, les scrupules, la honte, encore moins la compassion, ont trouvé là matière de dire que les réfugiés pro Gbagbo se sont auto-massacrés.
Quel délire morbide !
Ceux qui nous dirigent sont-ils encore des humains ?
Pour le Front Populaire Ivoirien aussi bien les autorités ivoiriennes que l’ONUCI sont responsables de ce drame par leur légèreté, pour ne pas dire leur connivence dans la gestion de ces évènements. Complices dans le génocide Wê de mars 2011, les FRCI et l’ONUCI le sont également à fond dans l’expropriation et les massacres des populations autochtones Wê à l’ouest du pays. Et ces forces armées coalisées doivent rendre des comptes pour crimes contre l’humanité.
De nombreux villages et campements Wê ayant été rasés, brûlés durant la guerre, et les plantations occupées par les FRCI et Dozos, les survivants ont été parqués dans le camp de Nahibly situé au milieu de nulle part entre Duékoué et Guiglo, pour être massacrés le moment venu, à l’abri de tout regard, et dans la plus grande discrétion et complicité entre les FRCI et l’ONUCI qui, pour distraire l’opinion nationale et internationale, se rejettent la faute.
Le camp de Nahibly unique refuge des populations Wê détruit, saccagé, anéanti, il ne reste plus aux Wê qu’à fuir massivement leurs terres, abandonnant ainsi l’Ouest du pays aux colons burkinabé, qui une fois bien établis, poursuivront leurs chevauchées macabres vers le sud-est du pays pour assujettir tous les autres peuples ivoiriens. Ce qui se passe à l’ouest n’est que le début, d’une colonisation totale du pays.
Cette assertion repose de manière intangible sur des faits graves qui incriminent au premier chef M. Alassane Ouattara, son régime et son Gouvernement. Relativement aux récents massacres de Duékoué, le FPI rappelle que lors de la visite d’Etat effectué à l’ouest en avril 2012, M. Alassane Ouattara avait publiquement annoncé sa ferme volonté « d’en finir avec le camp des refugiés de Nahibly ». A sa suite et prenant prétexte de l’attaque de Taï, M. Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (parti de Alassane Ouattara) et de surcroît Ministre – Conseiller du président Ouattara avait promis : « l’Ouest sera nettoyé et aseptisé… ». Le préfet de Duékoué, représentant institutionnel du chef de l’Etat semble être soulagé par la disparition du camp des réfugiés et de ses occupants car selon lui « le site est un nid de malfrats ».
Ces trois (3) déclarations sont révélatrices d’une action planifiée, de destruction du camp et de ses occupants, sinon comment comprendre que le Gouvernement n’ait jamais mis en place des mesures concrètes et efficaces pour le retour sécurisé des occupants de ce site, pourtant autochtones Wê, dans leurs villages.
Pour le FPI, le traitement infligé aux refugiés du camp de Nahibly, doit être analysé dans le même registre que les massacres de Sabra et Chatila au Liban en septembre 1982.
Voilà de quoi se rendent coupables depuis le 11 avril 2011 M. Alassane Ouattara et ses alliés de l’ONUCI, dans le génocide programmé des peuples ivoiriens.
Le Front Populaire Ivoirien, accuse de ce fait, Alassane Ouattara, président de la République, ministre de la défense, son gouvernement et l’ONUCI de génocide en Côte d’Ivoire.
3. Pour la fin des massacres et l’avènement d’un état de droit en Côte d’Ivoire : les exigences du FPI
Face à ces douloureux événements, le Front Populaire Ivoirien s’incline devant la mémoire de tous les morts, victimes de la barbarie et de l’incompétence du régime Ouattara. Il adresse ses condoléances les plus attristées à toutes les familles endeuillées et leur témoigne de sa sympathie et de son soutien. Il exprime sa compassion aux blessés à qui il souhaite un prompt rétablissement.
Le FPI condamne avec la dernière énergie les attaques meurtrières perpétrées contre les populations civiles innocentes du camp des refugiés de Nahibly.
Il s’indigne de l’attitude désinvolte et de la surprenante indifférence du Gouvernement tendant à minimiser cette tragédie qui ajoute au martyr du peuple wê déjà durement éprouvé.
Il réaffirme que le président Ouattara porte l’entière responsabilité du drame récurrent qui se déroule à l’Ouest avec le massacre ciblé et donc du génocide du peuple wê.
C’est pourquoi, le Front Populaire Ivoirien :
1- Dans l’immédiat exige :
- des sanctions contre les autorités ministérielles et administratives en charge de la sécurité et de la défense ;
- la mise en place d’une commission d’enquête crédible sur la tragédie de Duékoué;
- la démission du Gouvernement pour incompétence avérée ;
- le démantèlement de la bande à Ouremi, véritable nœud de la sécurité et de la défense ;
2- En appelle à la clairvoyance et à la haute attention du Président de la République Française, M. François Hollande, qui s’apprête à recevoir M. Alassane Ouattara, à l’Elysée pour prendre la pleine mesure de la tragédie des populations ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire du fait de l’insécurité organisée par l’armée ethnocentrique instituée par le régime Ouattara par ordonnance le 17 mars 2011.
3- Réitère son appel :
- au désarmement des ex-combattants et à l’encasernement des militaires ;
- à la démobilisation immédiate des personnes non éligibles à la fonction militaire et à la mise à la retraite de tous les « com’zones »
- au désarmement des dozos et leur retrait dans leur aire culturelle ;
- à la réhabilitation de la police et de la gendarmerie nationales dans leur mission régalienne de sécurisation du territoire national ;
- à la création d’une armée véritablement républicaine au service de toute la Nation ;
- à l’application effective de la loi sur le foncier rural de décembre 1998, résultat d’un consensus national.
La Côte d’Ivoire doit cesser d’être l’Etat de non droit qu’elle est devenue depuis le 11 avril 2011. Cela passe inévitablement par l’arrêt immédiat de tous les massacres, persécutions, extraditions, détentions extrajudiciaires, la libération de tous les détenus, à commencer par le Président Laurent Gbagbo, le retour de toutes les filles et de tous les fils de ce pays en exil pour délit d’opinion et d’appartenance politique.
La réconciliation nationale par un vrai et non un simulacre de dialogue républicain, pour la mise en œuvre d’un jeu démocratique juste, équitable et transparent sont des impératifs auxquels nul ne peut se dérober.
Tous unis nous sortirons, avec notre pays libéré de ses prédateurs de tout acabit, vainqueurs de cette douloureuse et tragique situation qui nous est imposée.
Mesdames et messieurs les journalistes, merci de votre aimable attention.
AKOUN Laurent
Secrétaire Général par intérim
L’attaque d’un camp de déplacés de l’ONU en Côte d’Ivoire fait plusieurs morts
Source : Telediaspora.net
(Le Monde) Au moins treize personnes ont été tuées dans des violences, vendredi 20 juillet, à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, et dans un camp de déplacés voisin de cette ville, selon un nouveau bilan fourni par des sources locales. "La plupart étaient de jeunes hommes", a déclaré un habitant, joint au téléphone d’Abidjan.
Censé être protégé par l’ONU, le camp de déplacés de Niambly, voisin de Duékoué et abritant surtout des autochtones d’ethnie guéré, a été attaqué vendredi par des jeunes en représailles à la mort de quatre personnes, tuées durant la nuit par des inconnus dans un quartier de la ville peuplé principalement de Malinké (originaires du nord du pays).
"Environ trois mille personnes ont déferlé sur le camp de Niambly pour rechercher leurs affaires et mettre la main sur les voleurs, et ont mis le feu au camp, en commençant par l’infirmerie", a indiqué par téléphone Ann Encontre, une responsable du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Côte d’Ivoire.
Ces violences, qui auraient été provoquées par un braquage meurtrier, ont aussi fait "plusieurs dizaines de blessés", selon une source à l’hôpital de Duékoué. L’incident rappelle que l’Ouest, en proie depuis des années à de graves tensions ethniques sur fond de conflits fonciers, reste la région ivoirienne la plus instable plus d’un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque trois mille morts, dont des centaines à Duékoué et dans sa région.
Le Monde.fr avec AFP et Reuters |
Un an après la crise post-électorale : « Carrefour » de Duékoué toujours village fantôme (Reportage) / Des populations abandonnées à leur seul sort / Carrefour n’a pas oublié Gbagbo
Source : Le Nouveau Courrier
Ruine et désolation. C’est ce qu’il est toujours donné de voir, un an après la fin de la crise dite postélectorale, du quartier Carrefour de Duékoué, situé à la sortie de la ville sur l’axe Duékoué-Guessabo. Au matin du mardi 24 avril, nous avons fait un tour sur les ruines de ce village martyr, dont le nom a fait le tour de la planète à cause des massacres des populations Wê qui y ont été perpétrés lors de l’offensive des forces pro-Ouattara, en route pour Abidjan. Maisons décoiffées, calcinées, murs encore noircis, commerces détruits, ambiance timide dans ce quartier qui, il y a un peu plus d’un an, était l’un des plus animés de la ville. Les habitants vivent dans le dénuement total, la plupart sans activité.
Carrefour présente toujours l’allure d’un village fantôme
A l’entrée de ce village wê, juste après la rivière Guemon, à côté du lycée Saint Pierre, on se croirait au cimetière. Des blocs entiers de maisons abandonnées, un silence plat qui donne la chair de poule. La nature ayant horreur du vide, les mauvaises herbes poussent partout. Inéluctablement. Mais où sont les habitants de ces maisons abandonnées ? «Ils sont partis sur le site», nous apprend un jeune qui, avec une machette, coupe les mauvaises herbes qui commencent à envahir sa cabane de fortune, esseulée au milieu de plusieurs maisons inhabitées.
Selon les renseignements que nous avons recueilli, le «site d’accueil» situé à la sortie de la ville – en allant vers Guiglo – est l’endroit où plus six mille déplacés ont trouvé refuge, après avoir été chassés de la mission catholique. Sur ordre du régime Ouattara qui a fait pression sur les organisations internationales des droits de l’homme qui assistaient ces personnes en détresse et qui n’ont pas droit jusque-là à la compassion de l’Etat. Outre le site, d’autres «sans-abri» se sont refugiés dans les villages comme Blody, Bagoo, Toaé-Zoé, Zia, Nidrou, Drouzon, Baoubly… Si le jeune que nous avons rencontré sur place dit avoir tourné la page, ce n’est le cas pour la plupart des habitants du quartier qui ne cachent pas leur amertume. Un peu plus loin, à Diayé Bernard, les événements de fin mars 2011 et les exactions continuent plus d’un an après de hanter les habitants. A l’instar des membres d’une famille (une dizaine de personnes) assis sous un hangar de fortune, la tristesse est lisible sur les visages. C’est la voix nouée qu’il évoque la barbarie vécue.
Des populations abandonnées à leur seul sort
Léa Tohouo, une jeune fille qui a fui la guerre à Yopougon, où sa patronne avec qui elle apprenait la coiffure a été tuée, s’empresse de nous montrer les dégâts subis. Sur les cinq pièces que comptaient leur grande maison pillée et incendiée, seule une chambre a été aménagée et sert de dortoir à certains. Les autres dorment dans une petite cabane faite en matériaux de récupération. La maison est inondée chaque fois qu’il pleut. A côté, c’est la broussaille qui se développe.
«Vous voyez là où il y a la brousse, il y avait des maisons. Juste à côté, il y avait une église qui a été cassée», relate-t-elle avec amertume. «Ce qui nous intéresse, ce sont nos maisons qui ont été détruites, tout ce que nous avons perdu. Aujourd’hui, quand on va prendre notre part du riz distribué par les humanitaires, on nous demande d’attendre parce qu’on n’a pas de pièces. Alors qu’on a tout perdu. C’est pourquoi je dis qu’on nous a oubliés», poursuit la jeune fille.
En tout cas, ici, la plus part des habitants ont le sentiment d’avoir été oubliés. Surtout que lors de sa visite, le chef de l’Etat ne s’y est pas rendu pour apporter sa compassion aux familles et les rassurer. Malgré tout ce qui se dit sur ce lieu, il n’a pas daigné y marquer un arrêt, refusant d’affronter la réalité. De voir le lieu du crime. Seule Dominique Ouattara est allée faire des dons au dispensaire situé à l’extrémité du quartier Carrefour. Où les populations sont confrontées à d’énormes problèmes de subsistance. C’est ici qu’ont eu lieu les massacres atroces des Wê qui ont occasionné quatre charniers. En effet, c’est en face de l’habitation de la famille de Léa, sur un vaste terrain recouvert d’herbes que 800 corps avaient été enterrés (essentiellement des Wê) en mars 2011 et qui a tant défrayé la chronique. Trois autres charniers sont signalés respectivement au niveau de la rivière Guemon, à la sortie du village, sur la route de Daloa et sur la route de Toae-Zoé.
Carrefour n’a pas oublié Gbagbo
Ici, c’est le dénuement total. Et la misère a tellement gagné du terrain que les habitants de Carrefour ne savent plus à quel saint se vouer. «C’est pour nous enregistrer», nous ont lancé des jeunes assis à même le sol sur la voie principale, attendant une hypothétique aide des Ong. Apparemment, ils nous ont pris pour des humanitaires qui, seuls, les approchent. Malgré leur pauvreté, les exactions qu’ils ont subies et qui continuent d’ailleurs, les plaintes et complaintes, et le sentiment d’être les seuls à payer un lourd tribut à la guerre, les habitants de Carrefour n’ont pas oublié le président Laurent Gbagbo. «Le jour le chef sera kpin (entendez Gbagbo va revenir), on va danser ça», a martelé Léa Tohouo, qui esquissait des pas de danse un air musical très célèbre des Galillés : «C’est comment comment» qui retentissait à côté.
Par Anderson Diédri

